Les étals des bouchers sont presque vides. Depuis plusieurs jours, le marché central d’Alakini fait face à une pénurie de viande de bœuf, causée par une maladie qui a touché le bétail dans les zones d’approvisionnement de la ville selon le premier de boucher au marché Alanine .
Cette situation crée déjà des tensions dans les ménages et perturbe le commerce.
D’après les commerçants, plusieurs camions habituellement chargés de ravitailler Goma en bœufs, en provenance du Nord-Kivu et des provinces voisines, arrivent désormais avec des quantités réduites. Les bêtes malades sont refoulées aux barrières de contrôle.
« Depuis quatre jours, on ne reçoit plus comme avant. La maladie a frappé les troupeaux. On a peur d’acheter pour ne pas perdre notre argent. Le marché Alakini manque de viande », déplore Jean-Pierre Bora, boucher au marché Alakini.
Conséquence directe : les quantités disponibles ont fortement diminué et les prix ont augmenté. Le kilogramme de viande de bœuf, qui se vendait auparavant autour de 10 000 à 12 000 francs congolais, dépasse désormais 15 000 à 18 000 francs congolais selon les étals. Pour de nombreuses familles, la viande devient un produit difficilement accessible.
« On vient au marché et on rentre sans rien. Le prix a augmenté et il n’y a même pas assez de viande. Avec cette situation, on va se rabattre sur le poisson ou les œufs, mais ce n’est pas pareil », témoigne Maman Aline, femme de ménage venu au marché Alakini.
Les vendeurs de brochettes et les restaurateurs figurent parmi les premiers touchés par cette crise. Plusieurs ont déjà réduit leur menu ou suspendu temporairement leurs activités.
Les autorités sanitaires et les services vétérinaires sont appelés à intervenir rapidement afin d’identifier la maladie et de sécuriser la filière d’approvisionnement. Sans mesures urgentes, les commerçants craignent une pénurie totale dans les prochains jours.
En attendant, le marché Alakini, considéré comme l’un des poumons économiques de Goma, tourne au ralenti, tandis que de nombreux clients quittent les étals les mains vides.
Sofia Wilondja

