Le président de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), Thomas Lubanga Dyilo, a dressé un réquisitoire contre la gouvernance du président Félix Tshisekedi, estimant que les célébrations du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo ne reflètent pas la réalité vécue par la population.
Dans une déclaration rendue publique en marge du 30 juin, Thomas Lubanga affirme que cette commémoration constituait « un non-événement », estimant que « le pays va mal ; il va même très mal ».
Selon lui, « le “politique” n’a pas pris la juste mesure de sa responsabilité vis-à-vis du pays et du peuple dont il est censé présider à la destinée ».
Ce responsable politico-militaire estime que l’indépendance devrait se traduire par « l’exercice du pouvoir pour le peuple » et garantir « la liberté, l’égalité, la justice, l’unité, la paix et le bien-vivre ensemble ».
Il accuse toutefois le pouvoir en place d’avoir conduit le pays dans une impasse.
« La jouissance éhontée, les détournements en compétition, la corruption généralisée, l’insécurité endémique, le tribalisme et le népotisme font de ce régime la pire des gouvernances, trempées dans une médiocrité assourdissante », déclare-t-il.
Thomas Lubanga revient également sur la situation sécuritaire en Ituri, rappelant que le président Félix Tshisekedi avait, le 2 juillet 2019, qualifié les massacres dans cette province de « tentative de génocide ».
« Sept ans durant, qu’a-t-il fait ? Les gens sont morts encore plus nombreux après ces paroles, dans l’insouciance totale du gouvernement et la complicité avérée de son armée, les FARDC », affirme-t-il.
Le président de la CRP critique aussi la gestion de l’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la RDC.
Selon lui, « un mois durant, les gens sont décimés comme des rats à Mongbwalu par Ebola pendant que les citoyens et les représentants du gouvernement croient naïvement en la sorcellerie ».
Il déplore notamment qu’« aucun cordon sanitaire régulateur des mouvements des personnes n’a été envisagé pour arrêter la propagation de la maladie ».
Thomas Lubanga s’oppose également à toute réforme de la Constitution dans le contexte actuel.
« Un pouvoir qui abandonne allègrement son peuple dans la misère exécrable et l’insécurité infernale peut-il encore prétendre l’aider à travers un quelconque changement de la Constitution ? », s’interroge-t-il, avant d’appeler « les Congolaises et les Congolais (…) à se réveiller pour la reconquête de leur véritable indépendance en rejetant la consolidation des acquis sordides et nauséabonds de ce régime ».
Pour rappel, plusieurs figures de l’opposition, dont Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, participent à Bujumbura à des consultations convoquées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, dans le cadre des initiatives visant à favoriser un dialogue politique et une sortie de crise en République démocratique du Congo.

