La situation est très tendue à Minembwe, dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, suite aux combats intenses entre les Twirwaneho alliés à l’AFC-M23 et les FARDC, appuyées par l’armée burundaise et les milices Wazalendo depuis 48 h, selon des sources locales.
Des combats au sol et des bombardements de drones et de Soukhoï Su-25 se poursuivent. Les affrontements, ce mercredi 17 juin 2026, se concentrent sur trois axes importants.
Sur l’axe 1, axe Mikenge vers Gitavi, plusieurs maisons de civils Banyamulenge ont été incendiées par l’armée et les miliciens Wazalendo. L’incident a eu lieu dans le premier village de Gitavi. On y trouve la montagne Gitavi, stratégique pour le contrôle de Minembwe, mais jusque-là sous contrôle des Twirwaneho.
L’offensive des FARDC sur l’axe 1 est dirigée par l’armée et les Wazalendo.
L’offensive de l’armée sur l’axe 2, Bidegu-Kalingi, est dirigée par les forces spéciales Hiboux et Serpent noir, qui s’appuient sur des drones de combat. Ce mercredi, des combats sont en cours vers Ilundu. Ces unités ont réussi à prendre la première zone de Ruhinamavi.
Ilundu compte plusieurs villages et constitue une zone située à environ 10 km de Minembwe centre.
Axe 3 : il est exclusivement dirigé par l’armée burundaise et des unités FDLR, selon des sources locales et sécuritaires. Il s’agit de l’axe Kakenge, côté gauche de Minembwe centre.
La FDNB et les unités FDLR tentent de percer le mur érigé par les Twirwaneho et l’AFC-M23 depuis Kakenge vers Minembwe centre, via le mont Sinaï et la rivière Lwiko, sous contrôle des Twirwaneho.
La société civile redoute des massacres et des tueries à Minembwe centre, où est concentrée une grande partie de la population, majoritairement issue de la communauté Banyamulenge, en cas de prise de cette cité par l’armée et les milices Wazalendo, dont les unités sont hostiles aux Banyamulenge tutsi de la région.
Kinshasa chercherait à reprendre Minembwe avant le 30 juin 2026, afin d’avaliser une victoire symbolique contre les Twirwaneho et l’AFC-M23, qui ont réussi à stopper l’offensive de l’armée et de ses alliés vers la zone, malgré les moyens aériens et les troupes des FARDC.
Pour l’heure, le blocage humanitaire s’accentue : pas de sortie ni de ravitaillement en vivres et en médicaments.
L’accès des humanitaires est bloqué.
L’association Mahoro Peace, qui regroupe des ressortissants congolais résidant aux États-Unis, a indiqué que 32 civils ont été blessés entre le 8 et le 11 juin. La communication est coupée dans la zone.

