L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) monte au créneau pour obtenir justice en faveur de la famille de Bulafia Mwana Christian, un élève décédé par noyade dans un bassin de rejets miniers abandonné de l’entreprise Chemaf SA à Lubumbashi.
Dans une démarche officielle, l’IRDH a saisi la société minière Chemaf SA afin de réclamer l’indemnisation des ayants droit de Bulafia Mwana Christian, mort le 11 mars 2025 après être tombé dans un bassin de rejets abandonné situé sur le site minier d’Usoke, dans le quartier Tshamilemba, commune de Kampemba.
Selon le directeur exécutif de l’IRDH, Me Hubert Tshiswaka, ce drame résulte directement de l’absence de sécurisation de ces installations minières laissées à proximité des zones habitées.
« L’entreprise porte une responsabilité directe dans ce décès en raison du caractère dangereux de ces bassins abandonnés et non sécurisés », soutient l’IRDH.
L’organisation de défense des droits humains rappelle que les exploitants miniers ont l’obligation légale de prévenir tout risque susceptible de menacer les populations riveraines, particulièrement les enfants.
L’IRDH souligne également que la reprise de Chemaf par la société Virtus Minerals, intervenue en mars 2026, inclut non seulement les actifs de l’entreprise, mais aussi les passifs environnementaux et sociaux hérités des activités antérieures.
Pour étayer sa requête, l’organisation invoque plusieurs dispositions du Code minier et du Règlement minier de la République démocratique du Congo. Ces textes consacrent notamment le principe de responsabilité objective des entreprises minières, l’obligation de réhabiliter et de sécuriser les sites après exploitation, ainsi que le droit des victimes à obtenir réparation pour les dommages causés.
Selon l’IRDH, les ayants droit de Bulafia Mwana Christian sont fondés à réclamer une indemnisation, sans qu’il soit nécessaire de démontrer une faute spécifique de l’entreprise.
« Les actions en réparation des dommages environnementaux demeurent recevables et les victimes doivent être rétablies dans leurs droits », estime l’organisation.
L’IRDH appelle enfin les autorités compétentes à renforcer le contrôle des obligations environnementales des entreprises minières afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.

