L’ancien gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, a plaidé jeudi 4 juin 2026 pour la mise en place de forces locales d’autodéfense encadrées, afin de renforcer la protection des populations civiles face à la persistance des attaques attribuées aux rebelles des ADF dans l’Est de la République démocratique du Congo.
S’exprimant sur la situation sécuritaire dans la région de Beni-Lubero et dans certaines zones de l’Ituri, Carly Nzanzu a dressé un bilan qu’il juge alarmant de plus d’une décennie de violences.
« Depuis 2014, plus de 15 000 civils ont été tués, plus de 3 000 blessés et plus de 3 600 kidnappés ou portés disparus. La perte des biens matériels et les dommages collatéraux sont évalués à plusieurs centaines de millions de dollars ; plusieurs hommes, femmes et enfants sont devenus veufs, veuves et orphelins », a-t-il déclaré.
L’ancien chef de l’exécutif provincial a également alerté sur l’évolution de l’influence des ADF dans certaines zones rurales.
« Depuis l’année 2026, dans les territoires de Mambasa et de Lubero, les ADF ont instauré le paiement imposé à certains cultivateurs de redevances et de jetons de séjour, ce qui contribue à renforcer leur ancrage dans les dynamiques locales », a affirmé Carly Nzanzu.
Selon lui, cette situation démontre la nécessité d’adapter les mécanismes de protection des populations et de renforcer la présence sécuritaire dans les zones les plus exposées aux incursions des groupes armés.
Pour rappel, les massacres attribués aux ADF se poursuivent dans la région de Beni. Le dernier incident signalé a fait plus de vingt morts dans la localité de Ngadi. Parmi les victimes figurent majoritairement des Pygmées, dont le célèbre artiste comédien Nzanzu Mangese.

