La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle poussée épidémique d’Ebola virus disease, désormais identifiée comme liée à la variante Bundibugyo, avec un bilan provisoire de 513 cas suspects et 131 décès, selon le ministère de la Santé.
Dans un point de situation présenté dans la nuit de lundi à mardi, le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a confirmé une extension géographique de la maladie à six zones de santé, réparties entre l’Ituri et le Nord-Kivu.
Les foyers actifs se concentrent dans l’Ituri, à Mongbwalu, Rwampara, Bunia et Nyankunde.
Au Nord-Kivu, Butembo, Katwa et Goma sont désormais touchés.
Les autorités sanitaires précisent que l’ensemble des décès recensés ne sont pas encore tous formellement attribués à la maladie, des enquêtes épidémiologiques étant en cours.
Les analyses préliminaires indiquent la circulation de la souche Bundibugyo, génétiquement distincte des précédentes flambées observées en RDC.
Selon le ministre, cette variante serait moins létale que la souche Zaïre, historiquement associée à des taux de mortalité supérieurs à 80 %, contre environ 30 % pour Bundibugyo.
Toutefois, les experts appellent à la prudence. L’absence actuelle de vaccin ou de traitement spécifique validé contre cette souche maintient un niveau de risque élevé dans les zones touchées.
Le gouvernement reconnaît que la propagation initiale a été aggravée par des retards de signalement.
« L’alerte a traîné dans la communauté parce qu’il y a une pensée que c’était une maladie mystique », a expliqué Samuel Roger Kamba, évoquant un facteur socioculturel ayant contribué à l’expansion de l’épidémie.
Déclarée officiellement le 15 mai, cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC depuis 1976 s’inscrit dans un contexte régional tendu. L’Organisation mondiale de la santé a déclenché une urgence de santé publique de portée internationale.
L’Africa Centres for Disease Control and Prevention a déclaré une urgence continentale, mobilisant environ 2 millions de dollars pour la coordination de la réponse
L’Ouganda a également signalé des cas liés à la même dynamique épidémique, selon les autorités sanitaires africaines.
Malgré l’ampleur de la situation, Kinshasa affiche une posture de maîtrise.
Le ministre de la Santé souligne l’expertise accumulée par le pays.
La RDC, berceau historique de la maladie, a déjà affronté plus de quinze résurgences majeures et revendique une expérience reconnue dans la gestion des protocoles de prise en charge.
« Nous avons une expertise reconnue au niveau mondial », a insisté Samuel Roger Kamba, tout en appelant les populations à abandonner les rites funéraires traditionnels à risque et à éviter la consommation d’animaux morts.

