Le gouverneur du Nord-Kivu s’est rendu ce mardi 19 mai 2026 sur l’ancien site de traitement d’Ebola situé à Munigi, dans le territoire de Nyiragongo, afin d’évaluer les travaux de réhabilitation du centre, remis en service après l’enregistrement d’un premier cas de maladie à virus Ebola à Goma.
Abandonné depuis la fin de la dernière épidémie enregistrée en 2019, le site fait actuellement l’objet d’importants travaux d’assainissement et d’aménagement.
Le gouverneur était accompagné de plusieurs membres de son cabinet ainsi que de Lawrence Kanyuka. Sur place, des équipes s’activaient à nettoyer les installations, remettre en état les tentes et rétablir les infrastructures de base. Selon les autorités, ces travaux visent à rendre le centre rapidement opérationnel afin de pouvoir accueillir d’éventuels cas en cas d’aggravation de la situation sanitaire.
Le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a indiqué que plusieurs infrastructures étaient en cours de réhabilitation. « Nous allons entretenir plusieurs tentes selon ce qu’on va nous donner, la pharmacie et le dépôt où il y aura la nourriture. La REGIDESO est déjà sur place, la SNEL est en train de venir pour rétablir l’électricité. Donc, nous allons réhabiliter ce centre pour accueillir, potentiellement, des cas explosifs, mais il n’y a rien pour le moment », a-t-il déclaré.
Après la visite de Munigi, la délégation s’est également rendue au laboratoire de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Goma.
Le porte-parole de l’AFC/M23 a affirmé que la situation restait sous surveillance dans les zones contrôlées par l’AFC/M23.
« Aujourd’hui, il y a un total de 27 échantillons qui sont tous négatifs. À ce jour, nous avons un seul cas d’Ebola dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23. L’INRB est opérationnel et a la capacité d’accueillir les échantillons de plus de cinq provinces », a précisé Lawrence Kanyuka.
Selon le ministère de la Santé, le pays comptabilise déjà 513 cas suspects et 131 décès. Les foyers actifs sont localisés en Ituri et au Nord-Kivu, notamment à Mongbwalu, Rwampara, Bunia, Nyankunde, Butembo, Katwa et Goma.
Les autorités sanitaires congolaises indiquent que la souche Bundibugyo serait moins létale que la souche Zaïre, historiquement associée aux précédentes flambées d’Ebola en RDC.
Toutefois, les experts appellent à la prudence en raison de l’absence actuelle de vaccin ou de traitement spécifique validé contre cette variante.
Déclarée officiellement le 15 mai, cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC a conduit l’Organisation mondiale de la santé à déclencher une urgence de santé publique de portée internationale, tandis que l’Africa Centres for Disease Control and Prevention a annoncé une mobilisation d’environ deux millions de dollars pour soutenir la réponse sanitaire régionale.

