Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, Evariste Somo Kakule, a demandé à l’Agence nationale des renseignements (ANR) d’ouvrir des investigations contre le député national Crispin Mbindule Mitono pour des faits présumés d’atteinte à la sécurité et à l’ordre public.
Dans une correspondance adressée au directeur provincial de l’ANR à Beni, le gouverneur militaire accuse l’élu de Butembo d’avoir tenu des propos jugés attentatoires à l’autorité provinciale lors d’une émission radiodiffusée.
« En date du 04 mai 2026, ce dernier a animé une émission diffusée sur les antennes de la Radio Canal Wikongo pendant laquelle il a tenu des propos portant atteinte à l’honneur, à la dignité de l’Autorité provinciale, à la sécurité et à l’ordre public », écrit Evariste Somo Kakule.
Le gouverneur estime que ces déclarations ont été faites « dans une démarche maladroite et populiste » autour du dossier des véhicules transformés et hors normes, un dossier qui, selon lui, est déjà pris en charge par le gouvernement provincial.
Dans le même document, Evariste Somo Kakule accuse également Crispin Mbindule Mitono d’organiser « des rencontres clandestines et subversives avec un groupe armé actif en ville de Butembo et ses périphéries ».
Le gouverneur militaire évoque plusieurs infractions présumées retenues contre le député national, notamment les imputations dommageables, l’outrage à un fonctionnaire dépositaire de l’autorité publique, l’incitation à la révolte et à la désobéissance civile, la propagation de faux bruits ainsi que l’usurpation de fonctions.
« Je vous demande de mener des investigations au regard des actes ci-haut libellés et de disposer comme de droit », conclut Evariste Somo Kakule dans sa lettre adressée aux services de renseignement.
En réaction, Crispin Mbindule Mitono accuse le gouverneur militaire de vouloir étouffer le débat démocratique autour de la révision constitutionnelle en RDC.
Le document du gouvernorat rappelle par ailleurs que les faits reprochés ont été commis dans une province placée sous état de siège, précisant que « les immunités et autres privilèges de poursuite ne sont pas d’application » dans ce cadre exceptionnel.

