Le mouvement d’opposition Sauvons la RDC hausse le ton après les frappes meurtrières survenues dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans un communiqué politique particulièrement virulent publié le 12 mai, la plateforme initiée par Joseph Kabila dénonce des bombardements “systématiques” visant des populations civiles et accuse directement le pouvoir de Kinshasa de violations graves du droit international humanitaire.
Au cœur de cette dénonciation figure le bombardement de Mushaki, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu le 08 mai 2026, qui a fait au moins 20 morts et une soixante des blessés. L’AFCM23 accuse le gouvernement de Kinshasa d’etre l’auteur de cette attaque des drones.
L’organisation affirme que des habitants “sans défense” ont été touchés dans des zones habitées, y compris des espaces publics fréquentés.
Pour les signataires du texte, ces opérations militaires ne relèvent plus d’erreurs de guerre isolées mais d’une stratégie répétitive qui expose délibérément les civils. Le mouvement estime que les attaques aériennes enregistrées depuis plus d’un an dans plusieurs localités de l’Est congolais pourraient constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité.
La semaine dernière les États-Unis et la Mission Onusienne en République démocratique du Congo, ont condamné ces attaques des drones.
“Bombarder des villages et des marchés ne peut être assimilé à une opération de protection des populations”, affirme le communiqué, qui accuse les autorités congolaises de “retourner leurs armes contre leurs propres citoyens”.
Le mouvement appelle ainsi à l’ouverture “immédiate” d’une enquête internationale indépendante afin d’identifier les responsabilités dans les frappes de Mushaki ainsi que dans d’autres bombardements signalés notamment dans les zones de Minembwe, Kalehe et Masisi.
Dans sa déclaration, Sauvons la RDC salue néanmoins la réaction des États-Unis et de la mission des Nations Unies en RDC, la MONUSCO, qui ont condamné les frappes de Mushaki. Le mouvement regrette toutefois que ces prises de position n’aient ni explicitement désigné les auteurs présumés des bombardements ni qualifié les faits de crimes de guerre.
Selon les opposants signataires, la communauté internationale adopte une posture jugée “ambiguë”, préférant des appels généraux à la retenue plutôt qu’une condamnation ciblée des autorités congolaises. Le texte critique notamment la formule diplomatique récurrente appelant “toutes les parties” au respect du droit humanitaire, estimant qu’elle dilue les responsabilités.
Le mouvement rappelle également que le droit international impose à tout gouvernement l’obligation première de protéger les populations civiles. Il juge dès lors “inadmissible” qu’un État confronté à de multiples groupes armés sur son territoire puisse, selon lui, mener des opérations causant la mort de civils dans des zones déjà fragilisées par le conflit.
Le communiqué est signé par plusieurs figures politiques congolaises, parmi lesquelles Raymond Tshibanda, André Claudel Lubaya, Franck Diongo, Augustin Matata Ponyo Mapon et Seth Kikuni.

