Alors que les discussions autour des accords entre la RDC et les États-Unis suscitent de plus en plus de réactions, une tribune signée par Lubaya Claudel André, ancien gouverneur du Kasaï Occidental, met en garde contre des dérives politiques et juridiques susceptibles d’affecter la souveraineté du pays.
Dans son analyse, l’auteur estime que les États-Unis sont placés devant un choix stratégique déterminant : soit bâtir une relation durable avec le peuple congolais, soit maintenir une coopération qu’il juge opportuniste avec le pouvoir en place. Il avertit que cette orientation pourrait fragiliser les relations bilatérales et la stabilité régionale, évoquant le risque d’un appui à des dynamiques institutionnelles contestées.
Il souligne en ce sens que : « tout soutien, explicite ou implicite, à un passage en force constitutionnel au nom de la coopération minière porterait atteinte de façon durable aux relations bilatérales RDC–USA et à la stabilité régionale ».
Lubaya Claudel André s’inquiète également d’une implication américaine qu’il considère intrusive dans les affaires internes de la RDC. Selon lui, cette posture alimente des interrogations sur le respect de la souveraineté nationale et contribue à tendre davantage le climat politique.
Il décrit ainsi une attitude qu’il juge inadaptée au contexte, estimant qu’elle « se révèle non seulement inopportune, mais profondément contre-productive ».
Sur le plan juridique, l’auteur met en avant ce qu’il considère comme une faiblesse structurelle des accords en discussion. Il affirme que leur légitimité est contestable en l’absence d’un cadre légal conforme à la Constitution congolaise, rappelant qu’aucun cadre légal en RDC n’autorise le gouvernement à conclure des accords internationaux en violation de la Loi fondamentale.
Par ailleurs, la tribune remet en question la fiabilité du partenaire congolais dans ce processus. Il décrit une gouvernance qu’il juge marquée par l’imprévisibilité et le manque de constance, critiquant également le manque de précautions du côté américain.
Il souligne notamment que Washington n’aurait pas suffisamment évalué la crédibilité de son interlocuteur, relevant qu’il a omis de soumettre son partenaire à un audit de fiabilité politique.
Lubaya Claudel André insiste sur l’intangibilité de la Constitution, affirmant qu’elle ne peut être modifiée au gré d’intérêts conjoncturels ou d’accords internationaux. « La Constitution n’est pas un costume de Félix Tshisekedi qu’il enverrait à la retouche pour l’adapter à sa taille », dit-il, soulignant qu’aucun engagement ne peut primer sur la loi fondamentale.
Il met enfin en garde contre les conséquences globales d’un tel partenariat, estimant qu’il pourrait entraîner une dérive politique aux effets durables.
Ainsi, la tribune invite les États-Unis à reconsidérer leur approche, avertissant qu’une telle trajectoire pourrait s’avérer perdante pour toutes les parties impliquées.
Kethia Rugamika

