La Coordination du PPRD Diaspora, formation politique de l’ancien président congolais Joseph Kabila, a vivement réagi aux sanctions imposées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain, les qualifiant de mesure « illégitime » et politiquement motivée.
Dans un communiqué publié le 04 mai 2026, le mouvement estime que cette décision ne relève pas du champ judiciaire. Il affirme que « l’OFAC n’est pas une juridiction. Il ne juge pas, n’organise pas de procès public, n’entend pas les parties dans un débat contradictoire et ne rend pas de verdict pénal ». Le PPRD Diaspora rejette ainsi toute assimilation de cette sanction à une condamnation pénale.
Le mouvement politique conteste également les accusations de soutien à des groupes armés, estimant qu’« aucun élément public, clair et contradictoirement établi » ne permet d’impliquer Joseph Kabila dans une quelconque entreprise de déstabilisation en République démocratique du Congo. Il appelle à la prudence des partenaires internationaux, qu’il accuse de risquer un « alignement politique » au détriment de leur rôle de médiateur.
Le communiqué souligne par ailleurs une incohérence dans les pratiques diplomatiques internationales, rappelant que des discussions avec des groupes armés ont été tolérées dans d’autres processus de paix. « Le PPRD Diaspora rejette cette morale à géométrie variable », indique le texte.
Sur le plan politique interne, la formation s’interroge sur la réouverture du dossier électoral de 2018, estimant qu’il est utilisé de manière « opportuniste ». Elle interroge : « Depuis quand une élection à laquelle Joseph Kabila n’était pas candidat peut-elle servir, plusieurs années plus tard, à justifier une sanction politique et financière ? »
Le mouvement établit également un parallèle historique avec d’anciens épisodes de la vie politique congolaise, évoquant le cas de Mobutu Sese Seko et celui de Patrice Emery Lumumba pour illustrer, selon lui, les risques d’ingérence extérieure dans les affaires nationales.
Il affirme que « les sanctions constituent une tentative d’assassinat politique » visant à affaiblir l’ancien chef de l’État.
Le PPRD Diaspora met aussi en garde contre les conséquences internes de ces décisions, qu’il estime susceptibles de renforcer les tensions politiques et les dérives autoritaires. Il dénonce notamment des arrestations et détentions de cadres de son parti, citant plusieurs responsables actuellement incarcérés sans jugement.
Sur le plan national, la formation politique estime que la crise en RDC dépasse la seule question sécuritaire et inclut des dimensions institutionnelles, économiques et sociales. Elle considère que faire de Joseph Kabila un « bouc émissaire unique » ne permettrait pas de résoudre les problèmes structurels du pays.
L’ancien président Joseph Kabila est au centre d’une controverse internationale, après que les États-Unis ont annoncé, le 30 avril 2026, des sanctions économiques l’accusant de soutenir l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23, des allégations que son cabinet rejette fermement, dénonçant des accusations « injustifiées et politiquement motivées ».
Le PPRD Diaspora appelle, pour sa part, à une approche politique inclusive et à une médiation équilibrée pour sortir la RDC de ses crises multiples.

