Les milices locales dites « Wazalendo », qui combattent aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo dans l’est du pays, reçoivent 4 millions de dollars américains mensuellement. Cette révélation est du ministre congolais des Finances, Doudou Fwamba, cité dans le rapport de la Commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale, consulté par nos confrères d’Actualité.cd.
Les milices Wazalendo sont des groupes armés locaux composés majoritairement de miliciens Maï-Maï, accusés de plusieurs violations des droits humains et d’exactions contre les civils dans les provinces de l’Ituri, du Maniema et du Nord-Kivu.
« S’agissant de la prise en charge des Wazalendo, celle-ci s’opère de deux manières : d’une part, à travers un fonds créé au sein de la chaîne des dépenses de la RAD, s’élevant à 4.000.000 USD par mois ; d’autre part, par un fonds spécial d’intervention accordé par le ministère des Finances à certains leaders régionaux », a expliqué Doudou Fwamba.
Les organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont dénoncé à plusieurs reprises les exactions des milices Wazalendo contre les civils, appelant le gouvernement congolais à mettre fin à cette collaboration.
La coalition des groupes armés Wazalendo conteste les informations faisant état d’un financement mensuel de 4 millions de dollars américains via la Réserve de l’Armée et de la Défense (RAD).
Dans un communiqué officiel publié le 30 avril 2026, les miliciens Wazalendo-RDC affirment n’avoir bénéficié d’aucun appui substantiel issu de ce mécanisme, censé soutenir leurs opérations sur le terrain.
Ils dénoncent également des irrégularités présumées dans la gestion de la RAD, évoquant des soupçons de mauvaise gouvernance et de détournements impliquant certaines autorités militaires.
« Les VDP Wazalendo-RDC relèvent, avec un sens élevé de responsabilité, que la gestion de cette structure semble entachée de graves irrégularités, notamment des allégations persistantes de détournements et de mauvaise gouvernance attribuées à certains hauts responsables, parmi lesquels le lieutenant-général Padiri Bulenda, ainsi que d’autres généraux des Forces armées de la République démocratique du Congo », mentionne le communiqué.
Les Wazalendo demandent des éclaircissements sur la gestion des fonds estimés à 4 millions de dollars par mois, ainsi que l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour garantir la transparence dans l’utilisation des ressources destinées aux forces engagées.
Le mouvement des Wazalendo a pris une ampleur nationale après l’appel à la mobilisation lancé fin 2022 par le président Félix Tshisekedi, exhortant les milices locales à s’organiser pour soutenir les FARDC face à l’AFC/M23, un mouvement politico-militaire congolais en conflit avec Kinshasa, qui a pris le contrôle d’une large partie de l’est du pays, dont les grandes villes de Goma et Bukavu.

