Une nouvelle phase des négociations entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’AFC-M23 s’ouvre ce 13 avril en Suisse, dans un climat de fortes tensions sur le terrain.
À la veille de ces discussions, Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de l’AFC-M23, a accusé le régime de Kinshasa d’avoir bombardé plusieurs villages de Minembwe, au Sud-Kivu, à l’aide d’avions Sukhoi.
Selon lui, ces frappes ont causé des pertes civiles et d’importants dégâts matériels, notamment la destruction d’habitations, d’églises, d’écoles et d’hôpitaux.
« Le régime de Kinshasa a choisi le moment de la reprise des négociations politiques pour pilonner, à l’aide de Sukhoi, plusieurs villages à Minembwe causant mort et désolation parmi les civils ainsi que la destruction de plusieurs habitations civiles, églises, écoles, hôpitaux », a écrit Bisimwa sur X.
De son côté, Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement politico-militaire, affirme que ces attaques se sont poursuivies dans la nuit du 11 au 12 avril 2026, évoquant l’usage de drones contre des zones densément peuplées. Il dénonce une aggravation de la crise humanitaire et accuse les autorités congolaises de vouloir « saboter » le processus de paix engagé en Suisse.
Le mouvement politico-militaire estime que ces opérations traduisent une volonté délibérée de compromettre les négociations en cours et de se soustraire aux engagements pris.
À ce stade, aucune réaction officielle du gouvernement congolais n’a été rendue publique concernant ces accusations.
Sur le terrain, des détonations d’armes lourdes et légères ont encore résonné dimanche dans plusieurs villages de la localité de Lukweti, en territoire de Masisi, au Nord-Kivu, à la suite de combats entre les Wazalendo alliés aux FARDC et les combattants de l’AFC-M23.
Des combats ont également été signalés dans la nuit du 12 avril à Kalembe et Kalonge entre l’AFC-M23 et les Wazalendo.
La situation sécuritaire reste fragile au Nord-Kivu et au Sud-Kivu malgré le processus de paix en cours.

