C’est une décision rarissime qui secoue le football africain. Mardi 17 mars, le jury d’appel de la Confédération africaine de football a bouleversé l’histoire récente de la Coupe d’Afrique des Nations en attribuant officiellement le titre 2025 au Maroc, au détriment du Sénégal, pourtant vainqueur sur le terrain.
Dans un communiqué lapidaire mais lourd de conséquences, l’instance continentale invoque l’article 84 du règlement pour déclarer le Sénégal forfait lors de la finale.
Résultat homologué : 3-0 en faveur du Maroc. Une décision juridique qui efface, en un trait, le succès sénégalais acquis après prolongation dans un match déjà marqué par le chaos.
Car tout s’est joué dans les dernières minutes de cette finale sous haute tension disputée à Rabat. Alors que le score était encore incertain, un penalty accordé au Maroc après recours à la VAR, juste après un but refusé aux Sénégalais, a mis le feu aux poudres. Une partie des joueurs sénégalais, visiblement furieux, avait quitté la pelouse avant la fin de la rencontre, un geste lourd de conséquences.
C’est précisément ce point que le jury d’appel a retenu. Selon l’article 82 du règlement de la CAN, toute équipe quittant le terrain sans autorisation officielle est déclarée perdante. En validant cette interprétation, la CAF transforme un incident de match en basculement historique.
L’atmosphère délétère ne s’était pas limitée à la pelouse. Dans les tribunes, des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir le terrain pendant de longues minutes, perturbant le déroulement du match jusqu’au tir du penalty marocain, finalement manqué par Brahim Diaz. Ce climat de tension extrême a pesé lourd dans l’analyse disciplinaire de l’instance.
Au-delà du trophée, la décision rebat également les cartes sur le plan des sanctions individuelles.
Le Maroc obtient un allègement notable des peines infligées à certains joueurs. Ismaël Saibari, initialement sévèrement puni, voit sa suspension réduite et son amende annulée. Une victoire juridique complète pour la fédération marocaine, même si elle reste partiellement sanctionnée financièrement pour les incidents liés à l’organisation.
Pour le Sénégal, en revanche, le choc est immense. Champion sur le terrain, battu dans les instances : le contraste est brutal et risque de laisser des traces durables dans les relations avec la CAF. Cette affaire pourrait également raviver les débats sur l’usage du règlement disciplinaire et le rôle de l’arbitrage vidéo dans les compétitions majeures.

