Dans le contexte de la crise qui touche l’État, les politiciens congolais sont incapables et souvent peu désireux d’œuvrer en faveur d’une Nation Congolaise. Dans un nouveau ouvrage intitulé Instabilité de la RDC, à qui la faute, le Docteur Nyanza KIYANA révèle que la crise de l’État au Congo est caractérisée par une perte d’équilibre dirigeants-dirigés, une renonciation au programme de développement, une incapacité à assurer la sécurité (le monopole de la coercition), des défaillances dans la gestion des priorités politiques, techniques et une incapacité à mobiliser, générer ou gérer les ressources financières internes et externes pour le bonheur de tous, la cohésion nationale.
« Malgré ces énormes problèmes, le Congo supporte un espace administratif avec lequel les politiciens et les citoyens semblent être parvenus à une forme d’arrangement complexe mais réalisable du corbeau et le renard », explique-t-il.
Selon lui, l’ethnicisation et la marginalisation dans la vie socio-politique de la République démocratique du Congo ne datent pas d’aujourd’hui, les faits donnent la compréhension globale aux conflits dans les Grands Lacs africains, il est indispensable de retracer l’histoire de la faillite de l’État moderne congolais hérité du colonisateur. Dans l’Est comme au centre et à l’ouest de ce pays, les conflits fonciers entre les peuples se sont radicalisés et »milicialisés » avec la multiplication des mouvements d’autodéfense communautaires de type maï-maï au ralliement d’autres groupes étrangers et la crise identitaire activée et nourrie par les politiciens électoralistes, dont les guerres incessantes.
La multiplicité culturelle dans la mauvaise gouvernance étatique est tenue pour principale responsable des conflits, qui, bien souvent, fauchent la loi fondamentale et débordent le cadre structurel national et consensuel pour s’élargir à de vastes espaces sous-régionaux et affectent les peuples à l’Est, au centre comme à l’Ouest de la zone aujourd’hui République Démocratique du Congo.
Les peuples socialement dynamiques, habitants de la zone aujourd’hui République Démocratique du Congo ont tous immigré, le Kivu et la zone autour de Kinshasa en font preuve. Les recherches du Dr Nyanza KIYANA se sont focalisées sur la marginalisation des peuples autochtones parlant le « kinyarwanda » en République Démocratique du Congo.
« Après récolte et confrontation des données, le résultat est qu’il n’y a pas des peuples »ba’nyarwanda », moins encore le »gi’hutu’’ ou »gi’tutsi’’ comme langue, mais plutôt les Congolais d’expression kinyarwanda qui n’ont rien à mettre en cause l’attachement juridique et le cordon ombilical pour une nation congolaise. Ce peuple englobe les congolais qui n’ont nullement des particularités, qu’on soit « Hutu », « Tutsi » ou « Twa », ce sont les Congolais sans ambiguïté que la constitution et autres textes légaux garantissent la nationalité comme tant autres ethnies, peuple victime de la conférence de Berlin et de la politique inhumaine du colonisateur » révèle le Dr Nyanza KIYANA Jules.
Pour lui, le kinyarwanda est au même titre que le « lingala et le kikongo » en Angola, au Congo-Brazzaville et au Congo-Kinshasa, ce sont des peuples qui ont vécu la même histoire, parfois les mêmes royaumes sur leurs terres avant la fameuse conférence de Berlin.
Cette nouvelle contribution scientifique intervient alors que la situation sécuritaire demeure précaire dans l’est de la RDC.

