L’organisation Agir pour la Reconstruction de notre Espace et la Convivialité (AGIREC), coordination provinciale du Maniema, a tiré la sonnette d’alarme ce 8 décembre 2025.
Dans un communiqué, l’ONG dénonce une série de menaces de mort visant six journalistes de la ville de Kindu, accusant les autorités locales d’inaction face à une situation qui viole gravement les libertés fondamentales.
« Nous, signataires de la présente, portons à la connaissance del’opinion publique, des médias, des organisations de défense des Droits Humains et des autorités compétentes, la situation alarmante à laquelle font face 6 journalistes de la ville de Kindu dans la Province du Maniema en République Démocratique du Congo. »
Selon AGIREC, les journalistes concernés sont depuis plusieurs semaines la cible d’intimidations persistantes : « Ces journalistes, connus pour leur engagement dans la diffusion d’informations d’intérêt public et la dénonciation d’abus, sont actuellement victimes d’intimidations et de menaces graves de mort. Ils font l’objet de visites nocturnes de groupes armés non identifiés, pénétrant à leurs domiciles avec l’intention manifeste de les éliminer et d’autres des arrestations arbitraires sans motif valable pour une courte période de deux semaines » peut-on lire dans le communiqué.
Les six journalistes menacés sont : Daniel Kazuza, chargé des programmes à la Radio Mshahuri, Kibondo Amisi Lulu, directeur a.i. de Radio KFM, Kaponda Médard Théophile, directeur de Radio UMOJA, Emmanuel Ndjadi Pascal, journaliste à Radio Mali, Victor Welo Lunganga, directeur de la RTES, John Ngongo Lomango, directeur de Radio VOM.
AGIREC estime que ces actes constituent une attaque directe contre la liberté de la presse, la liberté d’expression et le droit à la sécurité, garantis par la Constitution et les instruments internationaux relatifs aux droits humains.
Dans son communiqué, l’ONG pointe un « climat d’insécurité inquiétant » à Kindu, où des individus armés circulent librement pour intimider les professionnels des médias. L’absence d’un dispositif de protection efficace et la « passivité des autorités locales » contribuerait, selon elle, à renforcer le sentiment d’impunité.
« Le silence ou l’inaction des autorités locales alimente l’impunité, fragilise la presse indépendante et fait reculer les avancées démocratiques », déplore AGIREC.
Face à cette situation, l’organisation formule une série de recommandations aux autorités provinciales, judiciaires et nationales. Parmi les mesures urgentes demandées : assurer immédiatement la protection des journalistes menacés, ouvrir des enquêtes sérieuses et indépendantes pour identifier les auteurs, renforcer les mécanismes de protection des défenseurs des droits humains, organiser des rencontres régulières avec les médias et la société civile, mettre en place une cellule d’alerte rapide pour signaler les cas de menaces, former les forces de l’ordre au respect de la liberté de la presse, instaurer un réseau provincial de protection des journalistes, améliorer la surveillance dans les zones à risque, demander l’appui technique et financier des partenaires internationaux, sanctionner les autorités locales complices ou négligentes.
AGIREC rappelle enfin que les journalistes, en promouvant transparence et redevabilité, contribuent au renforcement de l’autorité de l’État. En contrepartie, celui-ci a l’obligation de les respecter, les protéger et garantir leur sécurité.
Vanessa HABANZA

