Le président français Emmanuel Macron a dénoncé le samedi 22 novembre la persistance de la fermeture de l’aéroport international de Goma, toujours sous le contrôle de l’AFC/M23 depuis plusieurs mois. « Je note que l’effort n’a pas été fait par le M23 et ceux qui détiennent l’aéroport », a déclaré le chef de l’État français, rappelant que « toutes les conditions administratives ont pourtant été prises par la RDC » pour permettre sa réouverture.
Cette prise de position intervient dans un contexte où l’aéroport de Goma constitue un point stratégique pour l’acheminement de l’aide humanitaire et le transport civil dans l’Est de la République démocratique du Congo, une zone en proie à des tensions sécuritaires persistantes. Macron a insisté sur le fait que la réouverture ne dépendait plus des autorités congolaises, mais de la volonté des forces qui détiennent le site.

La réaction de Kigali ne s’est pas faite attendre. Ce dimanche 23 novembre, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier J. P. Nduhungirehe, a réagi via son compte X, rappelant que « aucun consensus n’avait été trouvé pour une réouverture immédiate » lors de la Conférence humanitaire de Paris, le 30 octobre dernier. Selon le ministre, les conditions administratives évoquées par Kinshasa sont insuffisantes tant que la RDC ne contrôle pas physiquement l’aéroport et que les négociations n’incluent pas les autorités de facto présentes sur le terrain, à savoir l’AFC/M23.
Olivier Nduhungirehe a également mis en avant le respect du cessez-le-feu et la sécurité des corridors humanitaires. Il accuse Kinshasa de poursuivre des bombardements réguliers, « à l’aide d’avions de chasse et de drones », non seulement contre les positions de l’AFC/M23, mais également contre des villages banyamulenge, rendant toute reprise opérationnelle de l’aéroport prématurée.
Le ministre rwandais rappelle par ailleurs que le premier protocole de l’accord-cadre de Doha, signé le 15 novembre 2025, prévoit un accès humanitaire « sans entrave, sûr et durable », soulignant que la réouverture de Goma ne peut se faire qu’en respectant ce cadre.

