Intervenant à la Conférence internationale de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, tenue ce jeudi à Paris, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a exhorté la communauté internationale à s’impliquer pleinement dans la mise en œuvre effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon lui, cette résolution constitue “le préalable à toute paix durable” en RDC, en proie à une crise humanitaire sans précédent.
“Nous sommes face à une crise humanitaire totale : sanitaire, alimentaire, sociale, psychologique et humaine. La RDC ne connaît pas une crise passagère, mais une tragédie prolongée”, a déclaré le chef de l’État congolais. Félix Tshisekedi a dressé un tableau sombre de la situation dans l’Est du pays, où des millions de personnes ont été déplacées à la suite des violences armées, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le président congolais a pointé du doigt la responsabilité directe du groupe armé Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) et de ses soutiens extérieurs. “La crise humanitaire en RDC est liée directement à des actions militaires menées par le groupe armé AFC/M23, soutenu sur les plans logistique, financier et opérationnel par le Rwanda, en violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de mon pays. Cette réalité est aujourd’hui documentée et reconnue”, a-t-il affirmé.
Dans son discours, Félix Tshisekedi a formulé trois appels majeurs à la communauté internationale.
D’abord, il a réclamé “un accès humanitaire immédiat, sécurisé et garanti” afin de permettre le transport des médicaments, de la nourriture et des abris vers les zones les plus touchées. Il a plaidé pour l’établissement d’un “corridor humanitaire aérien” et pour un financement d’urgence “massif, traçable et prévisible” des programmes de réponse humanitaire.

Ensuite, il a insisté sur la nécessité d’un engagement financier durable : “Ce financement ne doit pas être vu comme une aide ponctuelle, mais comme un investissement pour empêcher l’effondrement humanitaire d’une région stratégique pour la paix du continent.”
Enfin, le président congolais a appelé à une position politique claire de la part des États et des organisations internationales : “Je souhaite que chaque partenaire s’engage à soutenir l’application effective de la résolution 2773 et à appeler, clairement et sans ambiguïté, au retrait de l’AFC/M23 des zones qu’il occupe et au retrait des forces étrangères du territoire congolais. Toute paix durable commence par la fin de l’occupation d’une partie du territoire congolais. Là-dessus, il ne peut y avoir ni double langage, ni compromis moral.”
Selon sa porte-parole, Tina Salama, la participation du président Tshisekedi à cette conférence a pour objectif de replacer la RDC au centre du débat international, de faire reconnaître la nature politique du conflit dans l’Est et de mobiliser un soutien mondial en faveur d’une paix juste, durable et conforme au droit international.

