Le Président Burundais, Évariste Ndayishimiye dos au mur face au M23, a échangé avec une délégation du mouvement politico-militaire AFC-M23. Depuis janvier 2025, les rebelles ont pris contrôle de la ville de Goma, Bukavu et menacent d’avancer vers la ville d’Uvira frontalier avec la capitale économique burundaise Bujumbura.
Depuis la résurgence de la rébellion de l’AFC-M23, l’armée burundaise est engagée au côté de l’armée congolaise et alliés sur le théâtre des affrontements et a subi des revers face aux combattants de l’AFC-M23.
Selon le site d’information Africa Intelligence, la délégation de l’AFC-M23 a effectué un discret séjour début octobre à Bujumbura, où elle a été reçue par le président burundais, Évariste Ndayishimiye.
» Au cours de l’entretien, les représentants de l’AFC ont mis en garde leur interlocuteur sur le risque de la poursuite de son soutien à Kinshasa. Ces derniers mois, des avions-cargos soupçonnés de livrer du matériel militaire aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été aperçus sur le tarmac de l’aéroport de Bujumbura » explique Africa Intelligence.
Les rebelles accusent Kinshasa de tenter de se renforcer à partir du sol burundais.
Début octobre, le Gouverneur du Sud-Kivu, Patrick Busu Bwa Ngwi en visite à Kamanyola a indiqué la rébellion de l’AFC-M23 était près à s’emparer de la ville d’Uvira.
Selon Africa Intelligence, cet objectif délicat à mettre en œuvre tant une offensive militaire pourrait s’avérer coûteuse en vies humaines. En plus de défendre la frontière, des unités de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) sont positionnées sur plusieurs axes autour d’Uvira. À cela s’ajoute la topographie du terrain, situé dans la plaine Ruzizi, qui obligerait les assaillants à avancer à découvert devant le feu de l’ennemi.

En septembre 2025, des tensions ont éclaté à Uvira chef-lieu provisoire du Sud-Kivu entre l’armée congolaise et miliciens Wazalendo. Au moins une dizaine des personnes avaient péri lors de ces combats dû à la nomination d’un officier Tutsi banyamulenge dans la zone.
Africa Intelligence, précise que peur de la déstabilisation
Pour parvenir à ses fins, l’AFC s’appuie sur les lignes de fractures au sein de l’armée et de l’exécutif burundais. Certains officiels ne cachent plus leur scepticisme sur l’opportunité de poursuivre leur soutien militaire à la présidence de Félix Tshisekedi. Ceux-ci le jugent incapables de régler la crise sécuritaire, de même que d’honorer ses engagements financiers. Ils connaissent également le risque, en cas de prise d’Uvira, de la fermeture par le M23 de la frontière avec le Burundi. Celle-ci est vitale pour l’économie du pays, dont les liquidités proviennent en partie des échanges avec son voisin.
Suite à l’avancée de l’AFC-M23, Évariste Ndayishimiye vit dans la peur d’une déstabilisation et a dernièrement accusé Kigali de vouloir provoquer une guerre régionale.
Avançant sur un fil, le pouvoir d’Évariste Ndayishimiye cherche une stratégie de survie, quitte à jouer sur plusieurs tableaux. S’il n’a pas encore coupé les ponts avec Kinshasa, le président burundais a demandé à la délégation de l’AFC de prendre ses distances avec le Rwanda de Paul Kagame, soupçonné d’œuvrer contre ses intérêts. Dans le même temps, il a fait appel, ces dernières semaines, à la France pour faciliter les discussions avec Kigali, dans l’espoir de faire redescendre la tension.
Pour l’heure, aucune réaction de Kinshasa, ni de l’AFC-M23 aussi le pouvoir Burundais.

