L’Union africaine (UA) a suspendu Madagascar de toutes ses instances le 15 octobre 2025, en réponse au coup d’État du colonel Michaël Randrianirina, du Corps d’administration et des services techniques (CAPSAT).
Réuni à Addis-Abeba, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a condamné ce « changement anticonstitutionnel » survenu le 14 octobre, exigeant un retour à l’ordre constitutionnel, la formation d’un gouvernement civil de transition et la tenue d’élections libres, sous peine de sanctions ciblées.
La crise à Madagascar a éclaté suite aux manifestations de la jeunesse Gen Z depuis le 25 septembre 2025, dénonçant la mauvaise gouvernance ainsi que la pénurie d’eau et d’électricité.

Les militaires du CAPSAT avaient rejoint les protestataires. Le président Andry Rajoelina avait été destitué par l’Assemblée nationale. La Haute Cour constitutionnelle (HCC) a constaté la vacance du pouvoir et confié provisoirement les fonctions de chef de l’État au colonel Randrianirina, tout en suspendant la Constitution, une décision que Rajoelina, en exil, a dénoncée comme une « tentative de coup d’État ».
La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a dépêché une mission conduite par l’ancienne présidente malawite Joyce Banda pour rétablir la légalité constitutionnelle. L’Union européenne a appelé au calme et au respect des valeurs démocratiques, rappelant son appui humanitaire de sept millions d’euros. Avec cette suspension, Madagascar rejoint le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Gabon parmi les États exclus des instances de l’UA à la suite de coups d’État militaires.

