Après avoir suspendu un programme américain de réinstallation d’Afghans ayant participé à l’effort de guerre américain, le président Trump envisage d’en envoyer jusqu’à 1 100 en République démocratique du Congo, a indiqué mardi un travailleur humanitaire informé du projet cité par le quotidien américain New York Times.
« L’administration Trump ne cherche pas à trouver un pays sûr pour les 1.100 Afghans qui ont été ses alliés pendant la guerre et qui sont actuellement détenus par les États-Unis au camp As-Sayliyah. Elle tente plutôt de créer de toutes pièces un motif de refus », a dénoncé Shawn VanDiver, un ancien militaire américain qui dirige l’ONG AfghanEvac.
Ce groupe comprend des interprètes pour l’armée américaine, d’anciens membres des forces spéciales afghanes et des familles de militaires américains. Plus de 400 enfants en font partie.
Van Diver a indiqué avoir été informé par le gouvernement américain que ces Afghans avaient le choix entre la RDC ou retourner en Afghanistan.
« On ne transfère pas des alliés de guerre dont les antécédents ont été vérifiés, dont plus de 400 sont des enfants, qui se trouvaient sous la garde des États-Unis, vers un pays en pleine décomposition », a-t-il déclaré dans un communiqué.
« L’administration le sait. C’est justement le but », a-t-il ajouté.
Ces Afghans vivent dans une situation précaire au Qatar depuis plus d’un an.
Ils y ont été transférés après avoir été évacués par les États-Unis pour leur propre sécurité, en raison de leur soutien aux forces américaines pendant la guerre contre les talibans, qui a débuté en 2001.
Cette annonce intervient moins d’une semaine après l’arrivée en RDC d’une quarantaine de migrants déportés des États-Unis.
Une situation qui a provoqué une vive indignation au sein de la classe politique congolaise et de la société civile, qui a exprimé son refus catégorique face à ce nouveau deal entre Kinshasa et Washington.
Le gouvernement, tentant d’apaiser les tensions, a indiqué que seuls 15 migrants sont arrivés à Kinshasa sans préciser leurs nationalités.

