Deux députés nationaux ont exprimé, le 2 octobre, leur inquiétude face à l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ils remettent en cause l’efficacité de l’état de siège en vigueur dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri depuis mai 2021.
Lors de la plénière du 2 octobre, le député Mumbere Bwanapuwa Éric Lucky, élu de Goma et Nyiragongo, a déploré la précarité dans laquelle vivent les populations de l’Est, dénonçant « l’inefficacité d’un état de siège prolongé sans résultats tangibles ».
Il a regretté que la crise sécuritaire ne figure toujours pas à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée nationale.
« Ignorer une telle urgence, c’est tourner le dos aux populations meurtries », a-t-il déclaré, appelant à replacer la question sécuritaire parmi les priorités du Parlement.
De son côté, Saidi Balikwisha, député élu du Nord-Kivu, a critiqué la mesure d’exception, usant d’une métaphore médicale.

« Lorsqu’un médicament ne guérit pas la maladie, on doit nécessairement le changer pour espérer une guérison. L’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, censé guérir la maladie de l’insécurité, n’a rien apporté, on doit le changer », a-t-il affirmé.
De retour de vacances parlementaires à Beni et Lubero, il a ajouté que les militaires déployés font face à de graves difficultés de mobilité, de communication et de ravitaillement.
L’état de siège, instauré par le président Félix Tshisekedi pour mettre fin aux violences armées dans le Nord-Kivu et l’Ituri, est régulièrement critiqué par des acteurs politiques et de la société civile qui dénoncent son manque de résultats.

