Dans un contexte politique déjà tendu en République Démocratique du Congo (RDC), les milices Wazalendo du territoire de Mwenga, province du Sud-Kivu, ont élevé la voix contre ce qu’ils qualifient de « détention arbitraire » du Professeur Pascal Isumbisho Mwapu. Arrêté à Kinshasa par le Conseil national de cyberdéfense (CNC) depuis le 9 septembre, cet universitaire de renom est désormais porté disparu, suscitant l’indignation de ses partisans.
Dans une déclaration rendue publique jeudi 2 octobre, les Wazalendo dénoncent ce qu’ils considèrent comme un « enlèvement ». Ils affirment que le Professeur Isumbisho ne donne plus signe de vie depuis son interpellation alors qu’il se rendait à une convocation de travail. « Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de notre notable et leader », insistent les signataires, accusant le gouvernement central de tenter d’écarter les figures influentes du Sud-Kivu de la scène politique.
Les mouvements Wazalendo du Sud-Kivu affirment que cette détention est symptomatique d’une exclusion systématique des notables de la région. Ils perçoivent cette action comme une menace à la stabilité de la province, déjà éprouvée par des conflits internes et des tensions avec des groupes armés.

Les Wazalendo ont averti que si le Professeur Isumbisho n’est pas libéré, ils se réservent le droit de « passer à des actions de grande envergure » dans le territoire de Mwenga. Ils appellent également la hiérarchie militaire congolaise à « prendre ses responsabilités » pour éviter une escalade de la violence. Leurs préoccupations vont au-delà de la simple libération d’un individu, touchant aux droits fondamentaux et aux libertés garantis par la constitution.
« C’est avec un grand regret que nous avons appris la détention arbitraire de notre Notable et fils de Mwenga, le Professeur Ordinaire Pascal Isumbisho Mwapu », déclarent-ils, soulignant que son arrestation survient alors que la région est déjà sous pression à cause de l’agression du Rwanda et des actions de l’AFC/M23.
Le communiqué est signé par plusieurs figures notables du mouvement, dont Prince Abongyo, un commandant autoproclamé et le général Lunanga Kasuli Luc Bradoc.
Le professeur Pascal Isumbisho, ancien ministre de la Fonction publique et conseiller de l’opposant Matata Ponyo, a été arrêté le 9 septembre à Kinshasa alors qu’il se rendait à une invitation du Centre de Cybercriminalité. Notable du Sud-Kivu, il est l’un des proches de Matata Ponyo mis en cause par la justice congolaise. Condamné pour détournement de fonds publics liés à la construction du parc agro-alimentaire de Bukanga Lonzo, Matata Ponyo est actuellement en exil.

