Le président kényan William Ruto a nommé le 15 août 2025 Judy Kiaria Nkumiri comme nouvelle consule général du Kenya à Goma, une ville sous contrôle des rebelles de l’AFC-M23.
Le gouvernement congolais, qui n’a pas tardé à réagir, a rappelé que la nomination de tout chef de poste consulaire étranger sur son territoire est subordonnée à son agrément préalable et à la délivrance d’un « exequatur » par le ministère des Affaires étrangères à Kinshasa.
Dans un communiqué, Kinshasa a pris note des informations rendues publiques par la présidence du Kenya relatives à des nominations diplomatiques, dont l’annonce de la désignation d’un consul général pour Goma. La RDC a souligné qu’une telle désignation requiert l’accord préalable des autorités congolaises, conformément au droit international et à la Convention de Vienne de 1963.
Le gouvernement congolais a insisté sur le fait que Goma, capitale du Nord-Kivu, demeure « sous occupation illégale de l’AFC-M23 avec le soutien du Rwanda », une situation caractérisée par de graves violations des droits humains documentées par l’ONU. Dans ce contexte, Kinshasa juge cette décision particulièrement inappropriée.

Pour sa part, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) qualifie cette nomination de violation flagrante des pratiques diplomatiques et de la souveraineté internationale de la RDC. Sur son compte X, l’ACAJ a condamné cette décision, qui viole aussi les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et de l’UA, et exhorte le gouvernement congolais à prendre des mesures conséquentes et à tenir le Kenya co-auteur des crimes graves commis par l’AFC-M23 dans les territoires occupés.
Pour la LUCHA, la nomination d’un consul kenyan à Goma constitue un affront au droit international et aux résolutions des Nations Unies. « Elle envoie un signal dangereux : celui de la normalisation d’une occupation illégale imposée par la force et la terreur contre les populations civiles », a renchéri la LUCHA sur son compte X.
Cette nomination intervient dans un climat de fortes tensions entre Kinshasa et Nairobi. En décembre 2023, le président kényan William Ruto avait réagi à la demande congolaise d’arrêter Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, respectivement ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et coordonnateur de l’AFC-M23, en déclarant : « Le Kenya est une démocratie. »
La RDC avait réagi en rappelant son ambassadeur au Kenya et en convoquant le chargé d’affaires kényan à Kinshasa pour obtenir des explications. Ces tensions persistent alors que Nairobi continue de piloter une partie du processus de paix dans l’Est congolais.

