La situation sécuritaire demeure instable dans plusieurs localités du territoire de Djugu, caractérisée par des tueries de civils, des incendies de maisons, des pillages de biens de la population, ainsi qu’une crise humanitaire et économique. Une situation qui révolte de nombreux leaders d’opinion.
Le député national Gratien Iracan a, dans une lettre adressée ce jeudi 14 août 2025 au président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, dénoncé les crimes commis sur le territoire de Djugu, principalement contre les membres de la communauté Hema, sous le regard des autorités militaires et de la MONUSCO.
L’élu de l’Ituri déplore également la passivité de la justice face à ces crimes, notamment l’absence d’enquêtes judiciaires sérieuses sur les massacres.
« Des témoignages indiquent que l’auditorat militaire a ouvert une enquête sur des faits antérieurs, mais les résultats n’ont jamais été communiqués. Aucune procédure judiciaire n’a été ouverte pour les attaques de 2025, malgré de multiples victimes et des preuves circonstancielles », peut-on lire dans cette correspondance.
![Le député National élu de Bunia dans la province de l'ituri, IRACAN GRATIEN DE SAINT-NICOLAS [Photo d'illustration]](https://kivumorningpost.com/wp-content/uploads/2024/01/gracien-jpg.webp)
Gratien Iracan évoque une présumée complicité entre des militaires FARDC et des éléments de l’UPDF/CODECO en territoire de Djugu.
« Des témoignages affirment que des FARDC étaient visibles en tenue juste avant et pendant les attaques, sans intervenir pour protéger la population. Les allégations sur la collaboration entre les FARDC et les miliciens CODECO, ainsi que l’absence de dispositif de blocage des routes d’où proviennent les attaques, persistent », poursuit-il.
Face à la dégradation de la situation sécuritaire, le député Gratien Iracan recommande au chef de l’État le limogeage de l’actuel gouverneur militaire de l’Ituri et sa mise en accusation pour manquement grave à son obligation de protéger les civils, ainsi que l’ouverture d’une enquête judiciaire contre tous les officiers de l’armée dans les zones affectées.

