Le président de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), Thomas Lubanga, s’est exprimé ce mercredi 16 juillet depuis la capitale ougandaise pour dénoncer ce qu’il qualifie de « vision réductrice » du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC).
Devant la presse, il a fustigé les négociations en cours à Doha et à Washington, qu’il accuse de ne pas prendre en compte la complexité réelle de la crise congolaise.
« Le processus de paix actuel, structuré autour de seulement quatre acteurs : les gouvernements congolais et rwandais, l’AFC/M23 et les États-Unis, ne peut prétendre résoudre une crise aussi systémique et multiforme que celle de la RDC », a martelé Thomas Lubanga, affirmant que « les problèmes de la RDC sont plus systémiques qu’économiques ».
L’ancien chef de guerre, aujourd’hui en exil à Kampala, s’est également défendu face aux accusations contenues dans un rapport récent des experts de l’ONU, selon lesquelles ses activités bénéficieraient du soutien des autorités ougandaises.
« Rien de moins faux », a-t-il répondu, assurant que sa présence à Kampala est celle d’un exilé politique « persécuté pour avoir dénoncé l’affairisme et l’incapacité des gouvernements provincial et central ».
Il a également répondu aux critiques relatives à son passé judiciaire devant la Cour pénale internationale (CPI), estimant qu’on veut faire de son passage par cette juridiction « un épouvantail destiné à réduire au silence ceux qui se battent pour la dignité du peuple congolais ».

Et d’ajouter :
« Lorsqu’un ancien de la CPI peut prendre la posture qui est la mienne aujourd’hui, c’est que l’idéal que je poursuis me dépasse. »
Concernant les diverses initiatives de paix, Thomas Lubanga a reconnu les efforts du processus de Nairobi, du processus de Luanda, de la SADC, ainsi que l’initiative interreligieuse de la CENCO et de l’ECC.
Toutefois, il estime que ces tentatives ont échoué faute d’inclusivité.
« Il est temps que toutes les forces vives, politiques et sociales, soient impliquées et mises à contribution », a-t-il plaidé.
Il a particulièrement pointé les limites des négociations de Doha et de Washington, qu’il juge insuffisantes :
« Quelle réponse Doha et Washington peuvent-ils apporter à la crise de légitimité née des élections chaotiques de décembre 2023 ? À l’impunité face aux crimes en Ituri ? Au tribalisme institutionnalisé ? À la corruption endémique au sommet de l’État ? », a-t-il interrogé.
Thomas Lubanga a également apporté son soutien aux positions de l’AFC/M23, de l’opposition politique et des forces sociales, appelant à une « fin immédiate du régime avilissant de Monsieur Félix Tshisekedi ».
Il a conclu en rappelant que « la RDC n’est pas un butin de guerre à partager entre multinationales et gouvernements complices. »

