La désignation de Joseph Sukisa Ndayambaje comme coordinateur provincial du Programme national de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) au Nord-Kivu continue de faire débat. Selon une révélation de l’institut Africa Security Analysis, une organisation spécialisée dans les questions de sécurité en Afrique, des inquiétudes persistent sur les répercussions possibles de cette nomination sur la mise en œuvre de l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda.
L’organisation redoute un impact négatif sur la crédibilité du processus DDRS dans une région encore secouée par des violences armées.
Bien que Joseph Sukisa bénéficie d’une longue carrière dans l’administration territoriale du Nord-Kivu, des accusations non prouvées de proximité avec des cadres du FDLR — notamment le général Omega Ntawunguka — sont régulièrement évoquées dans des rapports d’analystes. Pour Africa Security Analysis, « une telle désignation, dans un contexte aussi sensible, peut compromettre la perception de neutralité du P-DDRCS, pilier essentiel de la paix à l’Est du pays ». Ces soupçons, même sans fondement judiciaire, soulèvent des doutes sur la capacité du programme à rallier les groupes armés locaux.

Dans les territoires de Beni, Butembo et Lubero, les premières réactions ne se sont pas fait attendre.
Plusieurs acteurs de la société civile dénoncent une décision inopportune. L’un d’eux, cité par Africa Security Analysis, le 6 juillet, avertit : « Il sera difficile de convaincre les groupes armés de déposer les armes si ceux qui dirigent le programme sont soupçonnés de complaisance avec d’anciens rebelles ». La légitimité du P-DDRCS repose largement sur la confiance des communautés locales, déjà fragilisée par les précédents échecs du désarmement.
La nomination de Sukisa intervient alors que la RDC vient de s’engager, dans le cadre de l’accord de Washington, à neutraliser les FDLR — groupe que Kigali considère comme une menace directe.
Pour Africa Security Analysis, cette contradiction apparente risque de « fragiliser les efforts diplomatiques en cours et de compliquer la coordination entre le gouvernement congolais, la MONUSCO, et les bailleurs internationaux ». L’organisation souligne également le rôle crucial du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Somo Kakule Evariste, dans la gestion harmonieuse du programme.
Africa Security Analysis recommande une révision du processus de nomination, la mise en place d’un audit indépendant, et l’instauration de mécanismes de transparence renforcés. « Cette nomination est un signal important. Elle peut soit renforcer la dynamique de paix, soit la compromettre durablement », affirme l’organisation.

