L’arrivée de Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix à Beni dans la province du Nord-Kivu, intervient dans un contexte critique où l’est de la République Démocratique du Congo est secoué par une escalade des violences, marquée par l’avancée des rebelles du M23 et la récente chute de la ville de Bukavu au Sud-Kivu.
Cette situation a ravivé le sentiment anti-MONUSCO au sein de la population. À Beni, Jean-Pierre Lacroix a eu des réunions internes avec le personnel de l’ONU et les autorités locales, dont le gouverneur de province.
Une Visite Qualifiée de Non-Événement
Pour les habitants de la région, contactés par Kivumorningpost, la présence de Jean-Pierre Lacroix est taxée de « non-événement ». Nick Junior Vusindi estime que l’arrivée de cette haute autorité onusienne s’ajoute à d’autres, alors que la mission de l’ONU pour la stabilisation et le maintien de la paix en RDC a échoué depuis déjà 20 ans.
« Il est en train de se promener dans la région de Beni et on lui dit d’abord bienvenue. Mais pour nous, c’est un non-événement parce que, pour lui, ce n’est pas la première fois. Donc il est venu comme il venait toujours, et nous n’espérons rien de lui parce qu’ils ont plus de 20 ans en RDC, surtout dans la partie est où nous assistons chaque jour à des tueries par les ADF et à l’avancée de l’agression rwandaise à travers le M23 », déclare-t-il.
Cet habitant de Beni et militant du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) rappelle que la situation continue à s’empirer et s’interroge également sur le rôle de la MONUSCO dans la résolution des conflits dans l’est.
« Nous sommes en train de croire que sa venue pendant que la situation s’empire ainsi ne nous donne aucun espoir, car il dirige une mission qui a lamentablement échoué, et c’est cela notre inquiétude », ajoute Nick Junior.

La Résolution 2773 de l’ONU
Pendant son bref séjour à Beni, Jean-Pierre Lacroix a rencontré, le samedi 1er mars, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général major Kakule Somo Evariste. À la sortie de cette rencontre, il est revenu sur la situation générale résultant des offensives du M23 avec le soutien de l’armée rwandaise et des conséquences catastrophiques dans de nombreux domaines, notamment humanitaire, économique et social.
Jean-Pierre Lacroix a souligné la nécessité critique de mettre en œuvre la résolution 2773/2025 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a été adoptée à l’unanimité et contient des messages fondamentaux, tels que le respect de l’intégrité territoriale de la RDC, la nécessité impérative d’un cessez-le-feu et la mise en œuvre de tous les engagements pris dans le cadre des efforts diplomatiques.
« La résolution contient des messages fondamentaux : le respect de l’intégrité territoriale de la RDC, la nécessité impérative d’un cessez-le-feu et la mise en œuvre de tous les engagements qui ont été pris dans le cadre des efforts diplomatiques, en particulier les États du processus de Luanda et de Nairobi », lance-t-il.
Attentes de la Population
Saddam Patanguli, analyste politique de la région de Beni, affirme que le seul langage à parler avec l’ennemi est le langage des armes. Il souligne que la population attend des Nations Unies d’imposer le retrait des troupes rwandaises du sol congolais.
« C’est ce que nous attendons des Nations Unies : appuyer en âme et conscience la RDC pour vaincre cette guerre. Nous attendons de Jean-Pierre Lacroix d’imposer aux rebelles, car l’unique langage que le rebelle comprend pour le moment, c’est le langage des armes. Nous devons parler à ces rebelles dans le langage qu’ils comprennent mieux. Dire que nous allons continuer à parler du cessez-le-feu, ça d’abord, non », conclut Saddam Patanguli.






