Le Collectif Goma Slam Session a exprimé, mardi 12 novembre 2024, son indignation face à l’annulation inattendue du Festival Amani, un événement phare célébrant la paix et la résilience culturelle dans une région marquée par des années de conflits. La décision, communiquée par le Maire de Goma, invoque des doutes sur l’organisation de ce festival, malgré des preuves de démarches administratives effectuées par les organisateurs.
Dans un communiqué publié dans la soirée, le Collectif Goma Slam Session s’est déclaré « désagréablement surpris de ce comportement anti-patriotique » de la part du Maire, et insiste sur le fait que le Festival Amani est « la seule vitrine par laquelle Goma montre son désir de paix et de vie durant cette période douloureuse de guerre. »
Le Collectif affirme détenir une copie de la lettre de demande de sécurisation envoyée par le Festival Amani à la Mairie de Goma, lettre officiellement enregistrée.
Pour eux, cette annulation à deux jours de l’ouverture de l’événement est une atteinte injustifiée à la culture locale et au désir de paix que les artistes et la population de Goma s’efforcent de promouvoir.
« Connaissant le traditionnel professionnalisme du Festival Amani dans ses démarches avec ses partenaires gouvernementaux et non-gouvernementaux, » poursuit le communiqué, « nous voyons en cette décision un désir d’étouffement de la seule vitrine par laquelle Goma montre son désir de paix. »

Pour le collectif, annuler cet événement revient à « tuer la culture d’un peuple », un acte qu’il qualifie de « dernière option pour l’effacer complètement. »
Le collectif a par ailleurs lancé un appel au Maire de Goma pour qu’il reconsidère sa décision, soulignant que cela pourrait être « une opportunité pour éviter le piège mortifère d’éteindre Goma même dans les petites chaleurs de ses cendres. »
Face à cette situation, de nombreux acteurs culturels et résidents de Goma appellent également à la révision de cette décision, estimant que le Festival Amani représente non seulement une célébration de la culture et de la paix, mais aussi une occasion de montrer la résilience de la population locale face à l’insécurité grandissante.
Cette annulation, dans le contexte sécuritaire actuel de l’Est de la République démocratique du Congo, ravive le débat sur la place de la culture dans une région où les activités artistiques offrent une rare échappatoire à la violence.






