La salle Muso a servi de cadre pour les échanges entre la coordination de la société civile de l’enclave de pêche de Kyavinyonge et ses composantes sur les cas d’arrestations de la population par des agents de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) le 5 septembre dernier.
Ces assises se sont clôturées par l’adoption d’actions de grande envergure successives pour dénoncer ces arrestations, dont sont victimes des pêcheurs utilisant des filets monofilament, que la structure citoyenne locale qualifie d’arbitraires.
La coordination de la société civile de Kyavinyonge accuse également l’ICCN d’arrêter injustement les propriétaires de parcelles vendues par des agents de la Coopérative des Pêcheries de Virunga (COPEVi). Elle accuse ces agents d’avoir escroqué les habitants pour un montant estimé à 45 000 $ sous prétexte de leur vendre des parcelles.
« L’ICCN arrête chaque jour des pêcheurs pratiquant la pêche à la palangre, qui est pourtant autorisée par les textes régissant la pêche. L’ICCN ne cesse d’arrêter des habitants sur des parcelles dont la COPEVi est témoin et d’autres parcelles non encore attribuées, malgré que les résidents aient versé leur argent à son partenaire, la COPEVi. Nous évaluons cette escroquerie à plus de 45 000 $ », a déclaré la société civile locale.
En réaction, la cellule de communication de la COPEVi rejette ces allégations, qualifiant les démarches de la coordination de la société civile de Kyavinyonge de « lutte à l’aveuglette ». Cette organisation estime qu’il est inconcevable de réclamer la libération de pêcheurs clandestins pratiquant la pêche à l’hameçon avec des fils électriques.
« Les terres que le gouvernement congolais avait mises à la disposition de la COPEVi pour y installer les pêcheurs autour du lac Édouard font partie intégrante du Parc National des Virunga (PNVI). Par conséquent, la COPEVi n’y vend pas de parcelles, mais en octroie aux résidents réguliers moyennant une redevance unique pour la numérotation et l’enregistrement des parcelles, comme prévu par l’article 30 de la convention ICCN-COPEVi en vigueur », précise la COPEVi.
« Pour limiter l’expansion désordonnée des parcelles et mettre fin aux troubles dans leur attribution, la COPEVi a jugé nécessaire d’installer des bornes. En dehors de ces bornes, aucun dépassement ne sera toléré. C’est pourquoi les éco-gardes surveillent les zones pour décourager et réprimer toute personne qui tenterait de dépasser ces limites », ajoute-t-elle.
Il est à noter que la loi n°15/026 de décembre 2015 relative à l’eau stipule :
« Est puni d’une servitude pénale d’un à cinq ans et d’une amende d’un million à cinq millions de francs congolais, ou l’une de ces peines seulement, quiconque introduit ou laisse s’introduire des substances quelconques dont l’action ou la réaction entraîne, ou est susceptible d’entraîner, même provisoirement, des effets nuisibles sur la santé ou des atteintes aux écosystèmes aquatiques. »






