La décision du Département du Trésor des États-Unis de sanctionner Corneille Nangaa, le coordonnateur de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), ainsi que d’autres responsables, a suscité des réactions mitigées parmi les militants en RDC. Selon eux, les véritables coupables de la crise actuelle sont laissés de côté.
« Nous aurions voulu que ces sanctions soient adressées aux États et ces États sont connus de tout le monde : c’est le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya qui sont en train d’accompagner et de soutenir l’ennemi de la RDC, à savoir les ADF et les rebelles du M23. Nous aimerions voir les États-Unis sanctionner les autorités de ces pays agresseurs », a déclaré Moïse Hangi, militant de la LUCHA.
Les sanctions annoncées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) visent Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC et ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ainsi que d’autres personnalités et entités associées à l’AFC. Le communiqué du Trésor américain souligne que l’AFC est une coalition de groupes armés responsables d’instabilité politique, de conflits violents et de déplacements de la population civile en RDC.
Pourtant, des voix s’élèvent en RDC pour critiquer cette approche. Les militants de la société civile estiment que les sanctions devraient cibler les pays qu’ils considèrent comme responsables du soutien aux groupes armés opérant dans l’est du Congo.

« Sanctionner Nangaa et ses associés ne résoudra pas le problème fondamental. Le véritable soutien aux ADF et au M23 vient de l’extérieur de nos frontières. Tant que les États-Unis ne prendront pas de mesures contre les pays qui fournissent des armes et un soutien logistique à ces groupes, la situation ne fera qu’empirer », a ajouté Hangi.
Cette prise de position fait écho à un sentiment partagé par de nombreux Congolais, qui voient dans ces sanctions un geste insuffisant pour mettre fin à la violence qui ravage l’est du pays. La population espère une action internationale plus ciblée et efficace contre les soutiens étrangers des groupes armés.
« Nous avons besoin de voir des actions concrètes contre ceux qui alimentent le conflit en RDC. Les sanctions contre Nangaa sont un pas, mais elles ne sont pas suffisantes. Nous demandons à la communauté internationale de s’attaquer aux racines du problème », conclut Hangi.






