Le mois de mars de cette année 2024, dit « mois de la femme », est accueilli dans un contexte plutôt particulier à Beni, dans la province du Nord-Kivu. L’insécurité croissante dans la partie Est de la République Démocratique du Congo a entraîné la perte de milliers de vies, dont celles de femmes et de jeunes filles.
« Nous sommes à Beni, au Nord-Kivu, où aucune nuit ne se passe sans qu’il y ait de tueries. Les femmes sont particulièrement victimes, étant violées et tuées. C’est un contexte sécuritaire très précaire dans lequel nous accueillons ce mois de mars 2024 », estime Guylaine Kahumula.
Les difficultés rencontrées par les femmes journalistes de Beni
Cette situation alarmante n’a pas épargné les femmes professionnelles des médias de la ville de Beni, qui sont confrontées à de multiples défis dans le cadre de leur travail, notamment l’insécurité. Elles sont également confrontées au harcèlement sexuel, à la méfiance de la part des personnes ressources, etc.
Guylaine Kahumula, femme-journaliste à Beni, révèle que les problèmes liés au harcèlement sexuel, au manque d’opportunités de progression professionnelle et au dédain de certains hommes s’étendent jusque dans les salles de rédaction.

« Sur le terrain, même si c’est une vie privée, nous sommes harcelées par nos contacts. De plus, dans nos rédactions, les hommes avec qui nous travaillons se méfient de nous et nous considèrent comme incapables. C’est très douloureux d’être sous-estimée. Il n’y a pas beaucoup de femmes dans ce métier à Beni à cause de ce comportement », déplore-t-elle.
Cette professionnelle des médias a profité de l’occasion du mois de la femme pour interpeller les hommes tout comme les femmes afin qu’ils luttent contre les violences basées sur le genre, leur cheval de bataille.
« Je demande à ces hommes qui harcèlent les femmes journalistes d’essayer de respecter les femmes des médias. La femme journaliste ne vient que pour rechercher de l’information. Mais aussi à toutes les mamans qui pensent encore qu’une femme journaliste appartient à tous les hommes, cette mentalité est déjà révolue », lance Guylaine Kahumula.
La violence basée sur le genre (VBG) désigne l’ensemble des actes nuisibles dirigés contre un individu ou un groupe d’individus en raison de son ou de leur identité de genre. Cette notion prend racine dans l’inégalité entre les sexes, l’abus de pouvoir et les normes néfastes.
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