Dans l’Est de la RDC, les combats dans le territoire de Masisi renforcent les difficultés d’approvisionnement en marchandises de la ville de Goma. Les femmes commerçantes des produits de première nécessité sont confrontées à plusieurs difficultés liées à la perturbation du trafic entre Goma-Bukavu, Goma-Masisi, Goma-Minova.
Une menace imminente de pénurie alimentaire est visible sur les marchés locaux où une ruée s’opère pour s’approvisionner en marchandises.
Cette situation suscite des inquiétudes parmi la population, qui redoute une pénurie alimentaire imminente.
Quelques femmes commerçantes du marché Maman Olive Lembe, communément appelé marché Alanine, rencontrées par Kivumorning Post mardi 6 février 2024, constatent la hausse du prix de plusieurs marchandises suite aux affrontements entre l’armée de la RDC et les rebelles du M23. Elles demandent au gouvernement congolais de mettre fin à cette guerre.
« Actuellement, il n’y a pas de passage pour les camions, donc les quelques marchandises que nous avons ici nous parviennent en passant par le lac Kivu dans les pirogues. Le transport a déjà augmenté, et lorsqu’ils arrivent ici, les prix augmentent également. Un tas de poireaux qui se vendait à deux mille francs se vend maintenant à quatre mille francs, le prix a doublé. Le manque de clientèle nous dérange aussi car mes marchandises sont périssables, » a déclaré CHIBALONZA SHAKA Annette, vendeuse d’épices et de légumes au marché Alanine.
Justine AHADI, commerçante, souligne que les marchandises ne sont pas aussi abondantes qu’avant et que les prix ont augmenté. Les légumes en provenance de Minova, Shasha et Bweremana ne parviennent pas ici, car le passage est bloqué.
« Nous souffrons beaucoup car là d’où proviennent les légumes, la route est bloquée à cause de la guerre. Je ne sais pas comment nous allons vivre avec nos enfants orphelins. Un sac de feuilles de manioc qu’on achetait avant à dix mille francs congolais se vend maintenant à vingt mille francs congolais, » précise-t-elle.

Pour une autre vendeuse : « Les marchandises ne sont pas visibles à cause du passage bloqué à Shasha. Actuellement, les taxes sont nombreuses et le transport a augmenté également. Les motos sont chères pour transporter les marchandises. Nous avons aussi peur des taxes et du prix du transport. Les marchandises sont là, ce qui bloque, c’est le moyen de transport, » a déclaré Nono, commerçante et grossiste de bananes plantain mûres.
« Il n’y a pas de passage à Masisi, nous souffrons beaucoup. Un régime de bananes plantain qu’on achetait à dix mille francs se vend actuellement à quatorze mille ou quinze mille francs. Les camions qui nous apportaient les marchandises ne viennent pas, seules les motos travaillent, c’est très cher. Ces marchandises sont insuffisantes, auparavant, cinq bananes coûtaient mille francs, aujourd’hui, six bananes coûtent trois mille francs. Il n’y a aucun bénéfice, seulement des pertes, » a souligné Furaha NZIGIRE, vendeuse de bananes plantain mûres au marché Alanine.
Elles demandent au gouvernement de faire de son mieux pour débloquer le passage et mettre un terme à la guerre, qui occasionne la hausse des prix des marchandises ainsi que l’instabilité du taux de change.
Sur le terrain, l’occupation par le M23 de plusieurs localités se poursuit et ce groupe armé gagne à nouveau du terrain, ce qui continue d’avoir des conséquences sur le plan socio-sécuritaire. Cette guerre a eu comme conséquence l’arrêt du trafic sur la route nationale numéro 2 Goma-Bukavu depuis le centre de Shasha, en raison des combats.
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