Cent huit détenus de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, ont été remis en liberté après un examen de leurs situations respectives, a annoncé jeudi 15 octobre le ministre congolais de la Justice, Guillaume Ngefa, au lendemain d’une visite effectuée dans cet établissement pénitentiaire confronté à une forte surpopulation.
Le ministre s’est rendu à Makala avec le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, afin d’évaluer les conditions de détention et de déterminer les mesures urgentes à prendre.
Selon Guillaume Ngefa, l’établissement, conçu pour accueillir 1 500 personnes, héberge actuellement plusieurs milliers de détenus, civils et militaires, dont une majorité en détention préventive.
Dans un message publié sur son compte X, le ministre a indiqué que la visite avait permis de constater la promiscuité, l’état préoccupant des infrastructures et les difficultés d’accès aux soins, des problèmes qui nécessitent, selon lui, une réponse rapide des autorités.
« Je salue la décision prise ce jour par le procureur général près la Cour de cassation, ayant permis la mise en liberté de 108 détenus après examen de leurs situations respectives », a écrit Guillaume Ngefa.
Le ministre a également annoncé la mobilisation des autorités judiciaires pour examiner les dossiers des personnes détenues et déterminer celles pouvant bénéficier légalement d’une remise en liberté. Il a précisé que cette démarche devait se dérouler dans le respect de la loi, des procédures et de l’indépendance de la justice.
Guillaume Ngefa a par ailleurs indiqué avoir accordé, la semaine précédente, une libération conditionnelle à 66 personnes remplissant les conditions prévues par la loi.
Il a annoncé une attention particulière aux femmes détenues avec leurs enfants en bas âge ainsi qu’aux personnes souffrant de troubles mentaux.
« La privation de liberté ne peut jamais signifier la privation de dignité. Notre devoir est de garantir la régularité des détentions, la protection des droits fondamentaux et l’amélioration des conditions de vie dans nos établissements pénitentiaires », a souligné le ministre.
Cette initiative s’inscrit dans les efforts annoncés par les autorités congolaises pour désengorger les établissements pénitentiaires.
Le ministre a insisté sur la nécessité de mener cette démarche avec rigueur et humanité, tout en respectant l’État de droit.
« Le désengorgement de nos prisons est une nécessité. Il doit être conduit avec rigueur, humanité et dans le plein respect de l’État de droit », a-t-il conclu.







