Le président ougandais Yoweri Museveni a proposé la tenue, dans un délai de deux semaines, de nouvelles discussions entre les autorités congolaises et la Convention pour la révolution populaire (CRP), dirigée par Thomas Lubanga.
L’objectif est de favoriser une désescalade des violences en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Le 9 octobre, au State House d’Entebbe, résidence de la présidence ougandaise, le président Yoweri Museveni a reçu une délégation des autorités congolaises dirigée par le lieutenant-général Jacques Kyaligonza Nduru, chef d’état-major général adjoint des Forces armées de la RDC (FARDC), chargé des opérations et du renseignement.
Il était accompagné du gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba, et du gouverneur militaire du Nord-Kivu sous le régime de Kinshasa, le général-major Évariste Kakule Somo.
Ces officiels congolais ont eu un tête-à-tête avec les dirigeants de la CRP, dont son président, Thomas Lubanga.
Selon un communiqué de la CRP, le président ougandais a exprimé sa satisfaction de voir des responsables congolais se retrouver autour d’une même table et a insisté sur la nécessité de privilégier les solutions politiques pour rétablir la paix dans la région des Grands Lacs.
Il a également salué la nomination d’un nouveau gouverneur militaire en Ituri, estimant qu’elle pouvait contribuer à une amélioration de la situation dans cette province.
Prenant la parole, selon le compte rendu, Thomas Lubanga a affirmé que la situation sécuritaire en Ituri n’avait pas connu d’amélioration significative depuis une précédente rencontre avec les autorités de Kinshasa, en avril.
Il a notamment accusé les FARDC de collaborer avec le groupe armé Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), une accusation contestée dans les échanges rapportés par la CRP.
Le dirigeant de la CRP a fait état d’attaques visant plusieurs localités, dont Jina, Maze, le site de Rhoo, Blukwa et Kparnganza. Selon lui, ces violences ont fait plus de 16 morts parmi les civils et entraîné le pillage de plus de 300 vaches et 400 chèvres.
Il a également évoqué une attaque survenue le 9 octobre à Maze, qui aurait fait 31 morts parmi la population civile.
Thomas Lubanga a par ailleurs dénoncé des incursions présumées des FARDC dans des sites de déplacés, notamment à Kigonze, où il a fait état de morts, de blessés, de pillages, de violences sexuelles et de destructions d’abris.
À la fin des échanges, Yoweri Museveni a estimé que l’interruption du processus de paix engagé en avril, notamment en raison des préoccupations sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola, avait contribué à la dégradation de la situation sécuritaire en Ituri, selon le compte rendu.
Le président ougandais a proposé la tenue de discussions techniques dans un délai de deux semaines et appelé les deux parties à donner des instructions à leurs éléments sur le terrain afin d’éviter autant que possible les affrontements armés.
L’Ituri, dans le nord-est de la RDC, reste confrontée à l’activité de plusieurs groupes armés et à des violences qui ont provoqué des déplacements de population.







