Un écart de près de 860 cas entre certains indicateurs épidémiologiques publiés par l’Institut national de santé publique (INSP) interpelle Abdoul Lazo Jérémie.
Ce chercheur de l’Université Shalom de Bunia appelle les autorités sanitaires à apporter des précisions sur la manière dont les données de l’épidémie d’Ebola sont compilées et présentées.
Dans son rapport du 29 août 2026, l’INSP rapporte 5 945 cas confirmés dans 60 zones de santé réparties dans six provinces de la République démocratique du Congo. Le même rapport fait état d’une létalité de 48,1 % et d’un suivi de 84,4 % des contacts.
C’est en rapprochant ces données des chiffres concernant les personnes en isolement, les guérisons et les décès qu’Abdoul Lazo Jérémie affirme avoir constaté une différence importante.
Selon son propre calcul, environ 860 cas ne se retrouvent pas dans la répartition qu’il a établie.
« En déduisant des cas confirmés les patients en isolement, les guéris et les décédés, on se retrouve face à au moins 860 autres personnes infectées par Ebola dont on ignore la destination », explique-t-il.
L’acteur social, également coordinateur national du Collectif des Journalistes de l’Ituri (CJI-ASBL), estime que cette situation mérite une explication officielle.
« Il faut expliquer les chiffres »
Abdoul Lazo Jérémie ne remet pas uniquement en question le nombre de cas annoncé. Il demande surtout que les autorités sanitaires rendent plus lisible la présentation des différentes catégories de patients.
Selon lui, lorsqu’un chiffre global est communiqué, les autres indicateurs doivent permettre de comprendre clairement comment ce total est réparti.
Il appelle donc l’INSP à expliquer l’origine de l’écart constaté et à préciser les méthodes utilisées pour l’enregistrement et la consolidation des données.
« J’appelle l’Institut national de santé publique à nous fournir des chiffres exacts et non des chiffres qui appellent au doute », déclare-t-il.
Une différence à vérifier
L’écart relevé par le chercheur ne constitue toutefois pas, en lui-même, la preuve de l’existence de 860 patients dont la situation serait inconnue.
Dans le suivi d’une épidémie, les chiffres peuvent évoluer quotidiennement et certains indicateurs ne couvrent pas nécessairement la même période.
Des patients peuvent également être en cours de prise en charge ou relever de catégories statistiques distinctes.
La demande formulée par Abdoul Lazo Jérémie porte donc avant tout sur la nécessité de vérifier et d’expliquer la concordance entre les différents chiffres officiels.
Cette clarification apparaît d’autant plus importante que les données épidémiologiques constituent un outil essentiel pour orienter la riposte, informer la population et lutter contre les rumeurs.
Alors que la RDC fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, le chercheur appelle ainsi à davantage de transparence dans la communication des statistiques afin d’éviter toute confusion autour de l’évolution de la maladie.







