Une analyse publiée par la revue Foreign Affairs estime que l’accord de paix conclu entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sous l’égide de l’administration de Donald Trump, est aujourd’hui menacé en raison de la persistance de la partialité de la diplomatie américaine.
Dans cet article intitulé Why Trump’s Congo Deal Is Falling Apart: The Limits of “America First” in Africa, les chercheurs Joshua Z. Walker, Reagan Miviri et Jason K. Stearns soutiennent que la cérémonie organisée à Washington en décembre 2025 pour sceller l’accord de paix entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame n’a pas permis de mettre fin durablement au conflit.
L’analyse critique la politique menée par l’administration Trump, jugée « transactionnelle », estimant qu’elle a privilégié la sécurisation de l’accès américain aux minerais stratégiques de la RDC, notamment le cobalt, le cuivre et le lithium, au détriment d’une pression équilibrée sur Kinshasa et Kigali pour garantir l’application de l’accord.
Les chercheurs estiment que Washington a adopté une approche asymétrique en sanctionnant davantage le Rwanda tout en ménageant les autorités congolaises, ce qui, selon eux, a réduit les incitations des deux parties à respecter pleinement leurs engagements.
L’article exprime également des inquiétudes quant à l’évolution de la situation politique en RDC.
Les auteurs affirment que certains responsables proches du président Tshisekedi seraient convaincus que les États-Unis pourraient tolérer un troisième mandat présidentiel en échange d’un accès privilégié aux ressources minières congolaises.
Les chercheurs appellent l’administration américaine à conditionner son soutien au respect des dispositions constitutionnelles en RDC, notamment les limitations de mandat, et à encourager davantage de compromis dans les négociations avec le M23. À défaut, préviennent-ils, le conflit risque de s’enliser durablement, tout en compromettant l’objectif américain de diversifier ses chaînes d’approvisionnement en minerais critiques hors de Chine.
Au cours d’une conférence de presse mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa, Félix Tshisekedi a soutenu sa position de changement de la Constitution, affirmant que le partenariat que la RDC a négocié en décembre dernier avec les États-Unis l’exigeait.

