L’épidémie de Ebola virus disease continue de se propager dans plusieurs zones de santé des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, selon les dernières données communiquées par les autorités sanitaires. Depuis le début de la flambée épidémique, 282 cas confirmés ont été enregistrés dans le pays, accompagnés de 42 décès, illustrant la persistance d’une situation sanitaire préoccupante malgré les efforts de riposte engagés sur le terrain.
Le dernier bulletin du Ministère congolais de la Santé fait également état d’un incident majeur dans la gestion des cas, avec l’évasion de cinq patients confirmés atteints de la maladie depuis un Centre de traitement Ebola.
Cet événement soulève de sérieuses inquiétudes en matière de contrôle des infections et de sécurité sanitaire, alors que les structures de prise en charge sont déjà sous forte pression.
Sur le plan géographique, l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie avec 264 cas confirmés, suivi du Nord-Kivu qui en compte 15, tandis que le Sud-Kivu enregistre 3 cas. La répartition confirme une concentration des contaminations dans le nord-est du pays, zone historiquement vulnérable aux flambées épidémiques.
Au cours de la journée du 30 mai 2026, 19 nouveaux cas confirmés ont été détectés. Sur 52 échantillons analysés par les laboratoires, 19 se sont révélés positifs, soit un taux de positivité de 36,5 %, un indicateur qui témoigne d’une circulation active du virus dans les communautés affectées.
Les autorités sanitaires rapportent également 220 cas suspects en cours d’investigation et 101 cas suspects placés en isolement. Au total, 238 patients confirmés sont actuellement sous traitement, tandis que deux personnes ont été déclarées guéries, confirmant que des issues favorables restent possibles malgré la gravité de la maladie.
Dans les structures de prise en charge, 142 malades sont actuellement isolés. La répartition des patients montre une forte pression sur certains centres, notamment à Nyankunde avec 44 cas, suivi de Bunia avec 23 cas et Mongbwalu avec 22 cas.
Par ailleurs, sept décès ont été enregistrés dans les centres de traitement au cours de la journée, en plus des cinq évasions déjà signalées, ce qui complique davantage la gestion de la riposte.
Les autorités précisent qu’aucune nouvelle province n’a été touchée durant la période sous revue, ce qui permet de maintenir, pour l’instant, la limitation géographique de la flambée.
Toutefois, aux points d’entrée et de contrôle sanitaire, 13 960 voyageurs ont été enregistrés et sensibilisés aux mesures de prévention, dans le cadre des dispositifs de surveillance renforcée.
Pour soutenir la riposte, le gouvernement central a remis 1 800 motos destinées aux équipes déployées sur le terrain en Ituri, afin d’améliorer la mobilité et la réactivité des interventions sanitaires. Cette initiative vise à renforcer la surveillance communautaire, le suivi des contacts et la logistique dans les zones difficiles d’accès.
La situation a également attiré l’attention de la communauté internationale, avec la visite du Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, arrivé en Ituri, épicentre de l’épidémie. Celui-ci a appelé à une mobilisation générale et coordonnée pour freiner la propagation de la maladie en RDC et en Ouganda, soulignant l’urgence d’intensifier les efforts de riposte.
Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la Santé continue de soutenir les autorités nationales dans la coordination des interventions, la surveillance épidémiologique et la prise en charge des cas, alors que la situation demeure sous haute surveillance.
Josephine Batenga

