Le CIDHC a alerté mardi 28 avril 2026 sur la persistance des arrestations arbitraires et des détentions illégales dans la capitale congolaise, dénonçant une situation « préoccupante » pour le respect des droits humains et de l’État de droit.
Dans un rapport analytique, l’organisation affirme que ces pratiques touchent particulièrement certaines catégories de personnes, notamment les opposants politiques, les journalistes, les défenseurs des droits humains et toute personne perçue comme critique envers les autorités.
Selon le CIDHC, de nombreux cas documentés révèlent des violations des garanties fondamentales, notamment le droit à une procédure régulière, à la présomption d’innocence, à l’assistance d’un avocat et à un procès équitable.
L’organisation pointe plusieurs facteurs expliquant la persistance de ces abus, dont la fragilité de l’État de droit, les interférences politiques dans le système judiciaire et la corruption au sein des institutions.
Elle évoque également le contexte sécuritaire marqué par les conflits dans l’Est du pays, qui favorise une approche militarisée au détriment des libertés individuelles, ainsi que le rétrécissement de l’espace civique à Kinshasa.
« Dans de nombreux cas, les personnes arrêtées ne sont pas informées des charges retenues contre elles, n’ont pas accès à une assistance juridique et sont détenues au-delà des délais légaux », souligne le rapport.
Le CIDHC note que les périodes électorales s’accompagnent souvent d’une intensification des violations des droits humains.
Les élections de décembre 2023, ayant conduit à la réélection de Félix Tshisekedi, n’ont pas échappé à cette tendance.
L’organisation affirme avoir documenté des arrestations ciblées de membres de l’opposition, des restrictions à la liberté d’expression, des intimidations de journalistes et d’acteurs de la société civile, ainsi que des cas d’exil forcé.
Le rapport cite notamment l’opération « Ndobo », lancée en décembre 2024 dans le cadre de la lutte contre la criminalité urbaine, au cours de laquelle des arrestations massives sans mandat, des jugements collectifs devant des juridictions militaires et l’absence d’accès à une défense légale auraient été observés.
Ces pratiques constituent, selon le CIDHC, des violations graves des normes internationales relatives aux droits humains.
Parmi les cas documentés figurent ceux de journalistes, d’opposants politiques et d’activistes, dont Stanis Bujakera, arrêté en 2023, ou encore Franck Diongo Shamba, ainsi que d’autres personnalités ayant fait l’objet d’arrestations ou de détentions prolongées sans charges formelles.
Le CIDHC conclut que ces pratiques ne sont pas isolées mais relèvent de « défaillances structurelles » du système judiciaire congolais, aggravées par des interférences politiques persistantes.
L’organisation appelle à une réforme en profondeur du système judiciaire, au renforcement des garanties procédurales et à une volonté politique accrue pour mettre fin à ces violations.
Elle estime que ces dérives contribuent à un climat de peur, à l’affaiblissement de la démocratie et à une perte de confiance des citoyens envers les institutions.

![RDC : le CIDHC dénonce des arrestations arbitraires et un recul de l’État de droit à Kinshasa Prison Centrale de Makala [Photo d'illustration]](https://kivumorningpost.com/wp-content/uploads/2024/03/prison_centrale_de_makala_230_jpg_711_473_1-jpeg.webp)