Le président burundais Évariste Ndayishimiye a dénoncé jeudi l’insécurité en Afrique lors du Dialogue Continental pour la paix et la sécurité à Bujumbura. Il a critiqué la passivité de la communauté internationale face aux conflits dans l’Est de la RDC.
« L’Afrique est l’objet de convoitises multiformes. Pour mettre la main sur ses immenses richesses, les puissances mondiales attisent les feux et les conflits », a-t-il dénoncé. Selon lui, ces acteurs mènent une « guerre de l’ombre » : invisibles mais omniprésents, ils manipulent et distraient les pays africains, laissant des nations comme la RDC vulnérables à des agressions et à des conflits prolongés.
Ndayishimiye a souligné la complexité des guerres contemporaines, souvent moins perceptibles que dans le passé, mais tout aussi destructrices. « Sur la grande partie du continent, on n’entend pas le crépitement des armes, mais la guerre d’aujourd’hui est plus subtile et plus complexe qu’on ne le pense », a-t-il insisté, appelant à une prise de conscience internationale face à la détresse de la région.
Par ce discours, le président burundais exhorte la communauté internationale à ne plus détourner le regard et à agir pour soutenir la paix et la sécurité en RDC et sur l’ensemble du continent africain.
Le M23 contrôle depuis mercredi soir la ville stratégique d’Uvira, dans l’est de la RDC. Selon le Burundi, cette avancée constitue une « gifle » à Washington, quelques jours après un accord de paix signé pour la région.
Les combats entre les FARDC et l’AFC/M23 ont provoqué plus de 200 000 déplacements en une semaine, selon l’OCHA. Cette offensive a poussé des milliers de Congolais à se réfugier au Rwanda et au Burundi. Le Burundi a fermé sa frontière avec la RDC le 10 décembre face à cet afflux.

