Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 26 novembre 2025 à Goma, l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (M23) a affirmé qu’aucune urgence humanitaire ne subsiste dans les localités sous son contrôle dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Lawrence Kanyuka, porte-parole politique du mouvement, a déclaré que les raisons humanitaires évoquées pour la réouverture de l’aéroport sont fausses, soulignant qu’il n’y a pas de crise humanitaire grave dans les zones contrôlées par le M23. Il a insisté sur la nécessité d’engager des discussions avec le M23 avant toute décision sur l’aéroport, affirmant que les motivations derrière la situation sont principalement politiques.
« La réouverture de l’aéroport de Goma n’est pas une urgence humanitaire » indique Lawrence Kanyuka.
Chantal Murekatete, conseillère du gouverneur du Nord-Kivu en matière de droits humains, a souligné la capacité de coordination du mouvement avec les acteurs humanitaires :
« Dans les zones libérées par le M23, 11 agences onusiennes, 21 ONG internationales et 603 ONG nationales opèrent. Les cargaisons de médicaments, d’intrants médicaux et nutritionnels, ainsi que les vivres et non-vivres, sont régulièrement acheminées et distribuées par les partenaires humanitaires ».

Au Sud-Kivu, le Dr Freddy Ndongozi, conseiller du gouverneur en droits humains, a confirmé cette collaboration :
« Nous avons permis à ce que les aides humanitaires passent par Kamanyola pour servir les populations dans la plaine là où il y avait pénurie de médicaments et de vivres. L’action humanitaire est un concept africain : nous accueillons et encadrons les humanitaires pour qu’ils puissent intervenir efficacement ».
Le M23 insiste donc sur le fait que, selon lui, les besoins humanitaires sont couverts et que toute discussion sur les infrastructures ou services stratégiques doit passer par ses instances. Cette position intervient alors que certaines ONG signalent encore des contraintes dans l’accès à certaines localités de l’Est de la RDC.

