Au moins un aéronef humanitaire a été détruit dans une attaque par drones de l’armée congolaise ce lundi 30 juin 2025 dans la matinée. L’incident a eu lieu à Minembwe, dans les hauts plateaux en territoire de Fizi, province du Sud-Kivu.
« Des bombes larguées par les forces du mal ont blessé deux personnes dans le village de Gishigo et réduit en cendres un avion civil qui avait raté la piste hier après-midi lorsqu’il voulait atterrir à l’aérodrome de Kiziba pour y déposer une assistance médicale en faveur de la population confinée dans la zone », a déclaré Mufashi Santos, vice-président de la société civile.
Selon des sources locales, l’aéronef a été complètement détruit.
Attaque qui pourrait constituer un crime de guerre
« Le gouvernement de Kinshasa et les FARDC ont envoyé des drones à Minembwe qui ont bombardé et détruit un avion civil transportant l’aide humanitaire. La population de Minembwe, assiégée depuis des années, n’a jamais reçu d’aide humanitaire malgré les appels incessants. N’ayant accès à aucun marché et privée de tous les biens de première nécessité, elle n’a compté et survécu que grâce à ses enfants. Les organisations spécialisées ont ignoré leur cri. Le seul avion civil qui a décidé de s’y rendre, transportant de l’aide, notamment des médicaments, vient d’être détruit par le gouvernement, faisant aussi des blessés, dont un chef de localité et un enfant d’environ 8 ans », a déploré le député national, Moiise Nyarugabo.

« Évidemment, où il n’y a pas de médicaments. Cet acte, qui est un crime de guerre, ne vise pas l’Afc/M23/Mrdp Twirwaneho mais bien la population civile de Minembwe. C’est cela le sens du “Peuple d’abord” pour le Président Félix Tshisekedi et sa bande. Des sources affirment que ces drones auraient décollé de Bujumbura, traversant la ville d’Uvira vers les hauts plateaux », a-t-il renchéri.
Le bombardement de l’aérodrome de Minembwe intervient alors que les autorités de Kinshasa et l’AFC-M23 sont en pourparlers à Doha dans le cadre du processus de paix chapeauté par le Qatar.
Le 19 février 2025, le col Makanika, commandant des Twirwaneho, avait été tué dans une attaque par drones de l’armée congolaise, un coup dur pour cet allié des rebelles de l’AFC-M23.

