Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a formalisé aujourd’hui une décision marquante en suspendant, pour une durée de 90 jours, toutes les activités médiatiques liées au Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et à son ancien président, Joseph Kabila.
Cette décision, prise lors de la 37ème réunion ordinaire du CSAC, repose sur plusieurs textes législatifs congolais, notamment la Constitution et des lois organiques régissant la liberté de la presse. Les médias, qu’ils soient publics ou privés, ainsi que les plateformes numériques, sont désormais tenus de ne pas diffuser, relayer ou commenter les activités du PPRD sous peine de sanctions sévères.
Le CSAC a justifié cette suspension par des préoccupations liées à la sécurité nationale.
« Attendu que le PPRD, en raison de sa participation avérée à des actes de déstabilisation, d’incitation à la violence et de complicité active avec des mouvements terroristes responsables de massacres, porte atteinte à la sécurité nationale et à la désolation de nombreuses familles dans la partie Est du pays. » Les autorités ont observé que le PPRD a multiplié des messages susceptibles de troubler l’ordre public.
« Attendu que l’activisme des autorités du PPRD constitue une accointance flagrante de complicité avec les rebelles et les agresseurs en violation de la Loi, le CSAC prend une mesure conservatoire portant suspension de leurs activités. »

L’ancien président Kabila, identifié comme un acteur clé dans ces activités, est accusé d’entretenir des liens avec des mouvements terroristes.
« Attendu que l’autorité morale dudit parti, sieur Joseph Kabila Kabange, est identifiée par les services compétents comme le parrain idéologique et financier de l’AFC/M23, mouvement terroriste, et que ses interventions et/ou apparitions médiatiques constituent une menace directe à la paix, à l’ordre public, à l’unité et à la cohésion nationale. »
« Les chaînes de télévision et de radio publiques ou privées, la presse écrite et numérique, les sites web, réseaux sociaux, applications mobiles et autres canaux de communication opérant en République Démocratique du Congo sont instruits de n’accorder l’espace ni aux membres ni aux communicateurs ou cadres du PPRD ni encore à son autorité morale, sieur Joseph Kabila Kabange, sous peine de sanctions plus lourdes conformément à la Loi », décide le CSAC.
Lubaya Claudel, acteur politique de l’opposition, a déclaré que les médias doivent désobéir à l’ordre illégal du CSAC. Il a affirmé que la liberté de la presse et le pluralisme d’opinion sont des piliers de la démocratie, peu importe les circonstances.

