La situation des déplacés résidant près de la base Monusco à Kitshanga, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, devient de plus en plus critique. C’est ce qu’a souligné Monsieur Kajorite Nzarubara, lui-même déplacé et vivant avec un handicap, lors d’une interview avec Kivu Morning, dans la région de la chefferie de Bashali.
Selon lui, depuis plus de 4 mois, ces déplacés, estimés à 300 ménages, n’ont reçu aucune aide humanitaire à l’exception de celle fournie par un bienfaiteur en octobre dernier. Pour subvenir à leurs besoins, ils se voient contraints de travailler comme main-d’œuvre auprès des autochtones, en échange de maigres rations journalières, lorsque cela est possible.
« Trouver de la nourriture ici est une lutte quotidienne. Nos femmes et filles se rendent dans les champs à la recherche de bois de chauffage et de patates douces pour nous nourrir. Nous vivons dans des conditions difficiles, tandis que ceux qui sont dans le camp ne peuvent pas non plus vivre décemment. Dans un premier temps, d’autres ont reçu de l’aide, ce qui a beaucoup aidé, mais nous, nous ne trouvons rien jusqu’à aujourd’hui. En ce qui concerne la nourriture, c’est une histoire oubliée. Nous nous contentons de quelques patates douces pour survivre », a alerté Kajorite Nzarubara, chef du bloc nº5.

Il a également salué la population locale pour son soutien précieux à la communauté déplacée, dans la résolution de certains problèmes de vie. Profitant de cette occasion, il a lancé un appel aux personnes de bonne volonté pour leur venir en aide avant que le site ne connaisse les premiers décès dus à la famine.
« Si des âmes charitables peuvent nous venir en aide d’urgence, car pour être honnête, nous souffrons de la faim. Si vous n’avez pas 500 francs, comme vous le voyez chez moi avec cette famille, nous allons nous coucher le ventre vide », a-t-il plaidé.
Il est à rappeler que ce site, installé près de la base de la Monusco à Kitshanga, accueille principalement des populations originaires des villages environnants de Kitshanga, victimes d’agressions des terroristes M23-RDF depuis septembre dernier.












