Une grève des pétroliers est observée dans la ville de Beni, province du Nord-Kivu, depuis hier, lundi 26 février 2024. Les stations-service sont désertes jusqu’à ce mardi, sur appel de leur association qui proteste contre les mandats de comparution lancés par le tribunal de grande instance de Beni (TGI) contre plusieurs opérateurs économiques travaillant dans ce secteur.
Cette grève entraîne déjà une hausse du prix du carburant, une rareté des transports en commun et perturbe la mobilité à Beni. Par exemple, le prix d’un litre de carburant, qui était de 3 500 francs congolais, est passé à 5 000 en une seule journée.
Les utilisateurs de véhicules sont obligés de se tourner vers les revendeurs, communément appelés “Kadhafi”.
Contacté, Richard Bikiemi, l’un des revendeurs, indique que cette augmentation de prix est due au manque de lieux d’approvisionnement. Il craint bientôt d’être en rupture de stock.
“La situation des prix ne dépend pas de nous, les Kadhafi. Nous nous approvisionnons dans les stations-service et les dépôts. Maintenant, ils ont fermé leurs portes en raison de la grève. Bientôt, mon stock sera épuisé et je serai sans activité, malgré moi”, s’inquiète-t-il.

Lors d’une tournée, le reporter de Kivumorningpost a rencontré une femme enceinte qui marchait à pied en se dirigeant vers le petit marché : “Je ne peux pas prendre un moto-taxi avec cette augmentation de prix. Je suis fatiguée de parcourir toute cette distance avec ce fardeau, mais je n’ai pas d’autre choix. Payer un taxi pour rentrer chez moi sans avoir mangé ?”, s’interroge Sarah Kilokya.
La circulation routière est devenue de plus en plus timide ce mardi matin à Beni. Aucun requérant de carburant, quel que soit l’urgence, n’a accès au produit via les stations-service.
Dimanche dernier, Luc Matchar, responsable de l’association des pétroliers, avait annoncé la grève, sans préciser sa durée. Il déplore que le TGI-Beni refuse de suspendre ses actions judiciaires contre les opérateurs économiques.
Cela, malgré la demande du maire de Beni, qui avait suggéré au tribunal de surseoir à cette action au nom de la paix et pour permettre la continuité des activités de développement en cours.
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