La jeunesse estudiantine du Nord-Kivu a appelé, jeudi 8 octobre 2026, les étudiants de la province à reprendre les activités académiques à partir du 15 octobre, date annoncée pour l’ouverture de l’année académique 2026-2027 dans les zones contrôlées par l’AFC/M23.
Dans une déclaration rendue publique à l’approche de cette rentrée, les étudiants affirment vouloir poursuivre leur formation malgré le contexte politique et sécuritaire dans lequel évoluent les établissements d’enseignement supérieur de la province.
« Nous nous levons comme un seul homme pour proclamer notre détermination à poursuivre notre formation scientifique, sans avoir à subir injustement une quelconque décision politique d’année blanche », affirme la déclaration de la jeunesse estudiantine du Nord-Kivu.
Les étudiants rejettent également l’hypothèse d’une année académique blanche, estimant qu’elle aurait des conséquences importantes sur une génération d’apprenants. Ils contestent aussi l’idée d’un déplacement de plus de 60 000 étudiants du Nord-Kivu vers d’autres régions pour poursuivre leur cursus.
« Obliger toute une génération d’apprenants à passer 365 jours d’oisiveté et d’inaction, pour des motifs politiques dépourvus de fondement légal, c’est activer une bombe à retardement dont les conséquences sur la paix sociale sont incalculables », déclarent-ils.

La déclaration intervient alors que l’AFC/M23 a annoncé le 15 octobre comme date de reprise de l’année académique 2026-2027 dans les zones qu’elle contrôle au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Selon plusieurs sources locales, 113 établissements des deux provinces ont fait l’objet d’une évaluation de viabilité, dont 80 ont été classés « non viables » et soumis à un plan de redressement avant une éventuelle reprise.
Les étudiants saluent néanmoins les dispositions prises, selon eux, pour permettre la reprise des activités et demandent notamment que les personnels scientifique, académique et administratif puissent continuer à exercer et à bénéficier de leur prise en charge localement.
« Nous sommes heureux de saisir l’opportunité qui nous est offerte de reprendre les activités académiques chez nous, dès l’ouverture officielle de la nouvelle année académique ce 15 octobre 2026 », poursuivent-ils.
Dans leur déclaration, les étudiants invoquent également le droit à l’éducation consacré par plusieurs textes nationaux et internationaux. La Constitution congolaise dispose notamment que les pouvoirs publics doivent protéger la jeunesse contre toute atteinte à son éducation et que toute personne a droit à l’éducation scolaire. Elle garantit également l’accès aux établissements d’enseignement national sans discrimination.
« Nous n’avons pas d’autre choix que de redoubler d’ardeur pour participer massivement et activement aux activités académiques comptant pour l’exercice 2026-2027 », concluent les signataires, appelant les étudiants du Nord-Kivu à privilégier la poursuite de leur formation.
Dans une déclaration mercredi, l’AFC/M23 a appelé les étudiants des zones qu’elle contrôle à reprendre les cours sur les campus de Goma et de Bukavu dès le 15 octobre. Le professeur Freddy Kaniki, coordonnateur adjoint chargé de l’Enseignement, demande aux étudiants et aux parents de ne pas se laisser intoxiquer ni manipuler.
Il affirme que les nominations de l’AFC/M23 font suite aux absences prolongées de certaines autorités académiques.







