La société civile du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a exprimé vendredi 2 octobre 2026 à Goma des réserves sur le processus du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Elle estime que les priorités devraient d’abord porter sur la recherche d’une solution à la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Lors d’un point de presse, les forces vives des deux provinces ont notamment fait part de leurs inquiétudes concernant la prise en compte des populations vivant dans les zones contrôlées par l’AFC/M23, ainsi que des réfugiés et des personnes déplacées par les conflits.
La société civile affirme que les contraintes sécuritaires et territoriales risquent de compliquer la réalisation d’un recensement exhaustif et de poser la question de la représentativité des données recueillies.
« Notre grande crainte est que ce ne soit pas une autre supercherie, comme cela a été le cas avec le changement constitutionnel. Comme tout le monde pense qu’on ne peut pas changer la Constitution pendant que nous sommes en guerre, on nous amène la cartouche du recensement, comme ça on distrait tout le monde et on s’éloigne du processus », a déclaré Micki Mutiki Kiluba, président du Cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu.
Mutiki Kiluba a appelé les autorités à inscrire le recensement dans une démarche plus large liée au processus de paix et aux futures échéances institutionnelles.

« Notre conseil, allons vers le processus de paix. Nous demandons que le recensement entre dans les dynamiques de la réforme constitutionnelle. Aujourd’hui nous parlons de questions de paix, demain nous risquons de parler de questions de légitimité, pour avoir des personnes n’ayant pas qualité de parler au nom des Congolais parce que n’ayant aucun mandat », a-t-il poursuivi.
Les représentants de la société civile demandent ainsi aux autorités de préciser les mécanismes qui permettront d’intégrer au processus les populations vivant dans les zones affectées par le conflit, celles difficiles d’accès ainsi que les Congolais réfugiés dans les pays voisins.
Le gouvernement présente de son côté le RGPH-2 comme une opération statistique et scientifique destinée à disposer de données démographiques actualisées pour orienter les politiques publiques et la planification du développement. La cartographie censitaire, actuellement en cours, doit notamment permettre d’identifier les bâtiments, les ménages et les zones de dénombrement avant le comptage exhaustif.
Pour rappel, le gouvernement congolais a lancé le 28 septembre la phase de cartographie censitaire du RGPH-2, préalable au dénombrement général prévu en juillet 2027. Les autorités affirment que l’opération doit couvrir l’ensemble du pays.







