Manassé Lomboto, chargé de sécurité de l’opposant Prince Epenge, est décédé dans la nuit du mardi à ce mercredi 16 septembre 2026 à l’hôpital Olympique de Kinshasa, après avoir été grièvement blessé en marge de la marche de la Coalition de l’article 64 (C64), selon ses proches et des responsables de l’opposition.
Selon des témoignages recueillis par ses proches, Lomboto a été violemment pris à partie alors qu’il se trouvait en marge de la manifestation. Il a été encerclé puis frappé à plusieurs reprises à l’arme blanche, notamment à la tête, avant d’être admis à l’hôpital, où il a succombé à ses blessures.
Ses proches attribuent cette agression à des membres des Forces du Progrès, une structure de jeunes associée au parti présidentiel UDPS. Ils affirment notamment que Lomboto a été frappé à la machette.
La dépouille de M. Lomboto devait être acheminée vers une morgue, selon ses proches.
Le décès intervient au lendemain d’une marche organisée mardi à Kinshasa par la C64 pour défendre la Constitution et s’opposer à tout projet de modification de la loi fondamentale.
La mobilisation avait été marquée par des affrontements à Limete entre des manifestants et des personnes présentées comme membres des Forces du Progrès. La police avait notamment fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les protagonistes.
La manifestation avait été autorisée sur un itinéraire négocié avec les autorités provinciales. Le cortège, parti de l’Échangeur de Limete, n’a toutefois pas atteint le point de chute prévu au siège de l’ECiDé, le parti de Martin Fayulu, après les incidents survenus à Limete.
Prince Epenge a confirmé le décès de son chargé de sécurité dans un message publié sur les réseaux sociaux et demandé qu’une enquête soit menée.
« Que Dieu tout-puissant nous vienne en aide. Paix à ton âme, cher ami, petit frère et combattant. ADDCONGO condamne et exige une enquête sérieuse », a-t-il écrit.
De son côté, l’opposant Martin Fayulu a dénoncé les violences survenues pendant la manifestation et accusé la police ainsi que des membres des Forces du Progrès d’avoir pris pour cible les manifestants.
« Hier, la C64 a été victime d’un véritable guet-apens à Kinshasa », a écrit M. Fayulu, affirmant que des membres de l’opposition avaient été attaqués à Limete par des éléments des Forces du Progrès et que la police avait fait usage de gaz lacrymogènes contre les marcheurs.
« L’Hôtel de Ville doit s’expliquer. Le gouvernement doit répondre », a-t-il ajouté, accusant les autorités d’avoir laissé intervenir une « milice politique ».
Le décès de Manassé Lomboto porte à au moins une personne le bilan humain des violences liées à cette journée de mobilisation, dans l’attente d’éventuelles précisions des autorités sur les circonstances de sa mort et sur les responsabilités.







