La communauté Nande/Yira du territoire de Mambasa, réunie au sein de l’Association culturelle Kyaghanda Yira, rejette catégoriquement toute accusation la présentant comme responsable ou complice de l’insécurité en Ituri.
Dans une déclaration solennelle publiée le 13 septembre 2026, elle dénonce des propos attribués à Max Nissan et demande leur retrait ou leur clarification publique.
Dans cette déclaration, l’Association culturelle Kyaghanda Yira affirme avoir suivi avec indignation les propos attribués à Max Nissan, présenté comme une personnalité appelée à conseiller les autorités congolaises sur les questions liées à la résolution des conflits dans l’est du pays.
Selon la communauté, ces propos tendraient à présenter les Nande/Yira comme étant à la base de l’insécurité qui frappe l’Ituri, particulièrement le territoire de Mambasa.
L’association rejette cette accusation et affirme que la responsabilité des actes criminels doit rester individuelle.
Elle rappelle que toute personne soupçonnée de collaborer avec un groupe armé doit être identifiée et poursuivie conformément à la loi, sans que ses actes soient imputés à toute une communauté.
« La faute éventuelle d’un individu ne peut jamais être imputée à toute une communauté », déclare-t-elle.
La communauté Nande/Yira affirme également être elle-même victime de l’insécurité qui sévit dans la région, notamment à travers les massacres, enlèvements, pillages, incendies et déplacements forcés.
Pour l’association, il est donc injuste de présenter toute la communauté comme responsable des violences : « Le NANDE n’est pas un groupe armé ; Le NANDE n’est pas les ADF ; Le NANDE n’est pas une organisation militaire ; Le NANDE est une communauté de citoyens congolais qui aspire à vivre en paix et en sécurité », insiste le communiqué.
La communauté interpelle également Max Nissan sur la responsabilité liée à la parole publique, particulièrement lorsqu’elle émane d’une personne appelée à conseiller les institutions de la République.
Elle estime que de tels propos peuvent contribuer soit à l’apaisement, soit à la division entre communautés.
« La paix ne se construit pas avec des accusations collectives. La paix se construit avec la vérité, la justice, la responsabilité individuelle et le respect de toutes les communautés », rappelle la communauté.
La communauté Nande/Yira demande notamment le retrait public de tout propos présentant collectivement les Nande comme responsables ou complices de l’insécurité.
Elle réclame également que les personnes soupçonnées de collaboration avec des groupes armés soient identifiées et poursuivies individuellement.
Elle appelle par ailleurs les autorités à protéger toutes les communautés contre les discours susceptibles d’alimenter la haine, la stigmatisation et les divisions.
L’association souhaite aussi l’ouverture d’un dialogue avec les autorités provinciales de l’Ituri afin de renforcer la confiance et la cohésion sociale.
Tout en exprimant sa colère, la communauté affirme vouloir privilégier les voies légales et le dialogue.
Elle prévient toutefois qu’elle pourrait organiser des actions et manifestations pacifiques si les propos dénoncés ne sont pas retirés ou clarifiés : « nous privilégions le dialogue, la voie légale et la paix ».
Elle ajoute que la communauté entend défendre sa dignité et ses droits dans le respect de la Constitution et des lois de la République.







