La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont affirmé ne pas rejeter le projet présidentiel de Dialogue national, mais ont appelé à la mise en place d’une architecture qu’elles jugent plus inclusive, neutre, consensuelle et crédible afin d’en garantir le succès.
Dans une contribution technique et stratégique consacrée au « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », les deux institutions religieuses estiment que le projet présidentiel et leur initiative du Pacte social poursuivent des objectifs largement convergents.
« Il serait donc intellectuellement et politiquement incorrect de les présenter comme deux projets antagonistes », soulignent la CENCO et l’ECC.
Selon les deux Églises, les deux initiatives visent notamment à restaurer une paix durable, consolider l’unité nationale et l’intégrité territoriale, renforcer la cohésion nationale et rechercher une sortie durable de la crise.
La principale divergence concernerait plutôt l’organisation institutionnelle du processus.
« La divergence essentielle porte moins sur la finalité du Dialogue que sur l’architecture organisationnelle et institutionnelle », expliquent-elles.
La CENCO et l’ECC mettent notamment en garde contre ce qu’elles décrivent comme le risque d’un processus trop vertical, dans lequel le pouvoir de convocation, l’organisation et la mise en œuvre des résolutions seraient concentrés entre les mains du président de la République.
« Là où le nouveau projet présidentiel tend vers un Dialogue vertical, qui concentre entre les mains du Chef de l’État la convocation, l’organisation, la conduite et la mise en œuvre des résolutions ou des recommandations, le Pacte social s’attache prioritairement à réunir les prérequis indispensables à la réussite d’un tel forum », écrivent-elles.
Les deux Églises proposent ainsi une architecture différente, dans laquelle le président de la République assurerait la convocation du Dialogue, tandis que les parties prenantes négocieraient directement.
La CENCO, l’ECC et les autres confessions religieuses joueraient le rôle de médiateurs, alors qu’un comité international accompagnerait le processus et qu’un secrétariat technique en assurerait l’organisation.
Le processus proposé devrait se dérouler en trois principales étapes, selon le document.
Une première phase de pré-dialogue aura pour objectif de restaurer la confiance entre les différents acteurs et de mettre en place des mesures de décrispation.
Elle serait suivie d’un Dialogue national consacré à la recherche d’un consensus, avant une phase de post-dialogue chargée de garantir la mise en œuvre des engagements conclus.
« Le Pacte Social ne cherche pas à s’approprier le Dialogue, mais à en garantir les conditions de réussite », affirment les deux Églises.
La CENCO et l’ECC estiment que la crédibilité du processus dépendra notamment de son caractère inclusif et de la confiance des différentes parties dans les mécanismes appelés à l’organiser.
Elles attirent notamment l’attention sur la composition des organes préparatoires et sur la nécessité de préserver leur neutralité.
Pour les deux Églises, le Dialogue national devrait ainsi dépasser la seule recherche d’un accord politique entre acteurs de la crise.
« Le Dialogue ne doit pas seulement réunir la Nation autour d’une table ; il doit permettre à la Nation de se retrouver autour de son destin commun », concluent-elles.







